Minyador

Toutes les dernieres infos sur Minyador, un monde imaginaire peuple d'elfes, de nains, de dragons et pourvu d'une riche histoire.
 
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 Histoire

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Lord Darkmore
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MessageSujet: Histoire   Ven 9 Nov - 17:32

Histoire.


L'Age du Chaos et la Guerre des Dieux


Il y a de cela bien longtemps, alors que le Chaos était le maître de toutes les mégasphères, un grand roi elfe du nom de Laïsnos, seigneur de la Cité Immortelle de Tanelorn, décida de fonder un ordre de chevaliers. Il désirait en effet unir toutes les races dites faibles (humains, nains et elfes, mais également oïfënians, hernists et d'autres races moins connues) pour contrer le pouvoir incommensurable des Seigneurs du Chaos, les redoutés Princes de Métal. L'un de ses principaux conseillers, un dénommé Kasherim Nedrakh, Seigneur-Gardien de la forteresse de Mirlenomar, avait en effet appris par son devin Tirsirros l'avènement d'un âge de lumière qui succèderait à ces temps de chaos.

Cette vision s'avérait vraie. Quelque temps après que l'idée eût germé dans l'esprit de Laïsnos - mais peut-on parler de temps dans des mégasphères où le Chaos règne en maître ? - une nouvelle race apparut, non point mortelle mais invincible comme les tyrans de ces univers. Les Dieux avaient fait leur apparition.
Prenant ombrage de cette nouvelle création, l'Empereur de Métal dépécha ses meilleurs éléments, les Chevaucheurs de Drakes de l'Ombre et ses terribles Rois de Métal, afin de contrer la menace contre son hégémonie, ceux qui avaient vaincu maints empires et races, depuis les Seigneurs de Tahan, dont le pouvoir était de manipuler l'essence même de la vie, et dont les secrets disparurent avec eux, jusqu'au puissant empire du Tyran de l'Espace, qui leur avait opposé la puissance d'un millier d'univers, et qui était mort en hurlant dans les ruines de sa cité après l'annihilation de son armée et de ses vaisseaux de guerre de la taille de planètes, en passant par les Chasseurs d'âmes, dont les pouvoirs psychiques avaient été absorbés puis retournés contre eux. Nul ne résistait aux Princes de Métal. Les races avaient ployé l'échine, comme les Elfes noirs qui avaient été réduits en esclavage, ou avaient été détruites, comme les Morgyans qui avaient vainement tenté de leur opposer des forces infernales. Seules quelques races avaient échappé à la vindicte des Seigneurs du Chaos, fuyant de mégasphère en mégasphère à travers les Portes d'Ombre comme les humains.

Ce fut la plus terrible des batailles que le Multivers eût connu. Plus de la moitié des mondes connut la destruction dans ce qui restera dans les légendes comme les Guerres du Chaos. Les Dieux affrontèrent les Princes de Métal dans une conflagration épouvantable qui sonna le glas d'un nombre inconcevable de civilisations. Dans cette bataille, l'Empereur de Métal lui-même vint affronter le Dieu Unique, et nombreux furent ceux qui succombèrent sous ses coups : Elraÿn, déesse de la magie, Varios, dieu des armes, Samarian, le dieu bicéphale qui dirigeait les Cyclopes, et bien d'autres encore.

Mais il fut défait.

A sa chute, le Multivers trembla, une déflagration d'une inconcevable puissance annihila à elle seule un univers gigantesque, et elle emporta avec elle nombre de dieux et de dragons, sans compter les autres races qui comptèrent également un nombre de pertes terribles. L'Empire de Métal s'effondra, et toutes les races qui avaient été réduites en esclavage par les Princes de Métal - elfes noirs, dragons, esyfies, antereis et bien d'autres - furent libérées.
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MessageSujet: Re: Histoire   Ven 9 Nov - 17:34

L'Age Ardent


Le royaume de Tanelorn survécut au cataclysme, et le Haut-Roi Laïsnos put mettre son plan à exécution : il créa l'Ordre de chevaliers le plus grand qui eût jamais existé, l'Ordre du Cercle Ardent. C'était la fin de l'Âge du Chaos et le début de l'Âge Ardent.
Le Cercle Ardent attira de nombreux chevaliers de toutes races, et compta bientôt près de dix-mille membres. Laïsnos, en roi avisé, divisa les chevaliers en sept groupes, chacun dirigé par un homme choisi selon les affinités de ses membres. A chacun de ces groupes fut associée la tâche de créer et protéger une source de Spirit, ou Métamatière comme on l'appelle maintenant sur Minyador, l'énergie magique contenue dans le Multivers.
Ces sept Ordres composant le Cercle Ardent vont être décrits ici.
Premier de tous, portant la couleur jaune, vient l'ordre des Chevaliers de Lumière, soldats loyaux dévoués au Bien, dont le grand connétable n'est autre que le seigneur Laïsnos. Leur artefact magique est la puissante Pierre de Vie, sanctifiée par le seigneur des Dieux en personne, l'Unique, dont les pouvoirs éloignent tous les séides des Ténèbres par leur aura de lumière pure. Jamais cette Source n'a été touchée par une main impure, et jamais elle ne le sera. Ils vivaient à Tanelorn, et leur animal fétiche était l'Aigle royal.
Le Second Ordre est celui des Chevaliers de la Foi, portant la couleur verte, et tous dévoués à leur grand prêtre Ologhamis. La foudre divine frappe ceux qui s'oppose à cet ordre de clercs protégeant la Couronne des Dieux, dont on dit que celui qui la porte aura la bénédiction de l'Unique. Vivant à Karshaven, ils avaient pour symbole le Faucon.
Le Troisième Ordre porte la couleur bleue. Il s'agit des Chevaliers d'Azur, dont la connétable n'est pas issue de l'une des Races Communes, étant une Ondine : la Princesse Sartovia. Ces chevaliers sont la force navale du Cercle Ardent, et nombre d'entre eux vivent la majeure partie de leur vie en mer. La Source des Chevaliers d'Azur est la Source de l'Eau, dont Tarachnan usurpa plus tard les pouvoirs, en tirant une énergie sans limite, mais il en sera question plus tard. Leur capitale était le port de Méaltèr, et ils portaient l'insigne du Dauphin.
Le Quatrième Ordre porte la couleur orange, et leurs pouvoirs sont largement dédiés au feu - leur symbole étant par ailleurs le Dragon. Ils servent la Loi, et les flammes de leur courroux envers les forces du Chaos ont le plus souvent été considérées comme le symbole de leur guerre face aux survivants des forces de l'Empire de Métal, et on pense que le nom même du Cercle Ardent est lié à leurs pouvoirs, quoique le feu sacré des Chevaliers de la Foi et les flammes blanches des Chevaliers de Lumière puissent aussi être la source de ce nom. Dirigés par le Seigneur-Gardien Kasherim Nedrakh, ils ont accès aux pouvoirs de l'Epée de Feu, cachée dans leur forteresse de Mirlenomar. Mais, comme nous le verrons plus loin, une division existait en leur sein.
Le Cinquième Ordre est rouge, couleur préférée des Chevaliers du Sang. Combattants redoutés, ne connaissant ni la peur ni l'hésitation ainsi que leur animal fétiche, le Tigre, ils sont le fer de lance de l'armée du Cercle Ardent. Leur seigneur, le terrible Theremist le Sanguinaire, est un Ogre d'une force immense, qui puise son énergie dans le Bassin de Sang, situé en la ville de Fernitas.
Le Sixième Ordre, portant la couleur violette et l'insigne du Loup, est celui des Guerriers de l'Ombre, dirigés par le Seigneur Protecteur Narliga le Ténébreux. Leur source de Spirit est à la hauteur de la démesure de ce grand connétable : la Tour des Ténèbres est la plus gigantesque construction de Melarnoria, propre à effrayer les plus braves ennemis. Leurs pouvoirs de peur et de destruction n'ont rien à envier à ceux des Chevaliers du Sang, et bien des batailles furent gagnées grâce à ces deux Ordres, ainsi qu'au Dernier Ordre, qui va être présenté maintenant.
Le Septième Ordre ne comptait que trois membres - peut-être quatre, mais le mystère plane tellement sur cet Ordre que l'on n'a jamais pu le savoir réellement - ce sont les terribles Cavaliers de l'Apocalypse : la Mort, le Diable et le Croquemitaine, comme on les a appelés plus tard. Chevauchant des Cavales de Feu, ils sont les porteurs de la destruction dans les différentes mégasphères. Ils avaient créé la Source la plus puissante : la Fontaine Noire de Vamaaris. L'on disait que celui qui y buvait devenait invincible pour une courte période, et que ses pouvoirs magiques y étaient totalement régénérés.

Grâce à l'union de ces sept Ordres, les mégasphères connurent une période de paix sans pareille, une fois que les derniers survivants des Princes de Métal eussent été éliminés ou bannis des univers où régnait le Cercle Ardent. Durant cinq siècles, la prospérité naquit, et les différentes races purent s'épanouir tranquillement.
Mais toute bonne chose a une fin.
Le Cercle Ardent explosa. Trop de chevaliers l'avaient intégré, et des dissensions de plus en plus marquées apparurent entre les membres. Ce fut tout d'abord les Cavaliers de l'Apocalypse qui, trouvant la paix trop ennuyeuse à leur goût, se mirent à ravager les terres de Laïsnos. La réponse ne se fit pas attendre. Laïsnos envoya ses forces contre les Cavaliers, et demanda l'aide d'Ologhamis et Kasherim Nedrakh, et les Cavaliers de l'Apocalypse furent bannis - pour un court moment, malheureusement. Mais pendant cette campagne, l'un des connétables des Chevaliers du Crépuscule, Eridion le Maudit, trahit son seigneur et, accompagné de la moitié des Chevaliers du Crépuscule, prit le contrôle de la forteresse de Mirlenomar où cet ordre avait élu domicile. Laïsnos, en attendant de trouver une meilleure solution, renvoya Kasherim Nedrakh et les chevaliers qui lui étaient restés fidèles à Vamaaris, à garder la Fontaine Noire prise aux Cavaliers de l'Apocalypse. Ologhamis proposa alors de former un nouvel Ordre, le Septième ayant été banni. Le Seigneur-Gardien accepta et l'Ordre des Paladins vit le jour. Il prit la couleur indigo pour se différencier des autres Ordres, et la paix revint dans le Cercle Ardent pour deux siècles encore.

Cependant les germes de dissension semés par les Cavaliers de l'Apocalypse commençaient à porter leurs fruits, et les différents Ordres en vinrent à s'opposer.
L'arrangement concernant la création de l'Ordre des Paladins n'avait plu ni à Narliga, ni à Eridion, et avec l'aide de Theremist, qui était devenu un pantin du seigneur des Guerriers de l'Ombre, ils tramèrent l'infâme trahison qui valut la perte du Cercle Ardent.
Ce chapitre compte parmi les plus noirs de l'histoire mouvementée de Minyador, et nombreux sont les scribes et conteurs qui le passent sous silence, disant simplement que ces trois Ordres quittèrent le Cercle Ardent, et que peu à peu les quatre autres Ordres se séparèrent et que Laïsnos déclara dissous l'Ordre. Ils enjolivent la réalité, et ces récits n'expliquent pas la dislocation du Multivers. C'est donc la véritable version des faits qui va être contée ici.
Pour cela, il fallait s'infiltrer dans la Tour des Ténèbres, ce jour terrible de l'an 700 de l'Âge Ardent. Alors que la tempête faisait rage au dehors, sept personnes encapuchonnées passaient la porte de la salle la plus haute de la tour. Une huitième personne les y attendait, et sa vue était une horreur terrible. Une aura d'incommensurable puissance l'entourait, et on voyait des muscles noueux se déplacer à chacun de ses mouvements. La peur suivait son ombre. Et pourtant nul ne broncha lorsqu'il ouvrit la bouche, pourtant pour prononcer des mots qui ébranlèrent la tour. Trois mots seulement.
« Tuez-les tous. »
Quatre des sept personnages s'en retournèrent alors, et chacun d'eux portait une grande faux, aiguisée comme un rasoir. Trois Cavaliers de l'Apocalypse. Le quatrième ? Ne posez point la question, nul ne sait qui il était. Peut-être le Quatrième Cavalier, peut-être tout autre chose. Il ne figure pas dans les légendes ni dans les histoires, hormis dans celle-ci, et je ne reparlerai plus de ce personnage inquiétant.
Les trois personnages encapuchonnés qui restaient ne leur accordèrent pas un regard. Le premier releva la tête.
« Seigneur Sardon, dit-il, nos armées sont prêtes à partir sur le champ. Mais les troupes du Haut Roi sont sur le qui-vive, et ne nous laisseront pas le temps d'agir. Nous sommes trop peu nombreux.
- Je me charge de ce vieillard sénile, répondit la chose sur le siège. Il n'est plus la principale menace. Je le briserai comme une branche sèche. Il ne me résistera pas.
- Et le Seigneur-Gardien Kasherim Nedrakh ? intervint le troisième personnage. Ne nous posera-t-il pas de problèmes ?
- Il n'est pas plus à l'abri de ma colère. Narliga, as-tu activé le portail ?
- Oui, Seigneur, répondit le premier, Il arrivera dans les terres de Sartovia. Elle a refusé de nous suivre. Qu'elle en paye le prix.
- Bien, bien. Nous allons enfin faire renaître de ses cendres le Seigneur du Chaos en personne, l'Empereur Tarachnan. Et alors notre puissance sera illimitée. Nous avons déjà le soutien de la moitié du Panthéon, grâce à Alarak. Nous vaincrons la Lumière ! »

C'est sur ces mots que commença la Guerre de la Trahison, par laquelle trois ordres du Cercle Ardent déclenchèrent un massacre au nom du seigneur-démon et avatar de la déesse des Ténèbres Alarak, Sardon le Ténébreux. Cependant, rien ne se passa comme prévu, car Tarachnan ne parvint pas à entrer dans la mégasphère. Celui-ci tenta le passage en force, ce qui eut pour résultat un cataclysme gigantesque, ce qui fut appelé la Grande Dislocation. L'énergie libérée par le Seigneur du Chaos fut telle que la Mégasphère du Cercle Ardent se sépara en mille parties, qui furent depuis appelées les Mille Plans. Les Sept Ordres furent séparés par cette gigantesque débauche de puissance, leurs Sources chacune envoyée sur un monde différent. De nombreux chevaliers périrent, anéantis ou déchirés par la déferlante de métamatière, mais les sept Grands Connétables survécurent, et ainsi ils purent perpétrer leur haine par-delà les Portes d'Ombre qui désormais les séparaient. A ce moment, Tirsirros prédit que lorsque trois des Sept Sources seraient à nouveau réunies, alors l'Ordre du Cercle Ardent renaîtrait.
On apprit plus tard que Tarachnan avait réussi son passage et s'était emparé de la Source des Chevaliers d'Azur, s'assurant de cette manière d'avoir une énergie sans limite. Sartovia et ses suivants parvinrent à fuir sur un autre monde, et l'on perdit toute trace de ces chevaliers durant près de dix mille ans...
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MessageSujet: Re: Histoire   Ven 9 Nov - 17:35

L'Age des Paladins


Le monde sur lequel l'Ordre des Paladins trouva refuge se nommait Minyador, et c'est de ce monde que l'histoire sera à présent contée.

Minyador était une planète relativement froide, composée de huit grands continents, plus un grand nombre d'îles et de continents plus petits, refuge depuis des siècles des races qui avaient été les esclaves des Princes de Métal durant l'Âge du Chaos ; les Elfes Noirs composaient la majorité de la population et vivaient dans deux régions : le Feldonodrénar, terre des Moralfyn ou Elfes Noirs de l'Ouest, et la Daenrie, qui s'étend sur l'actuel Elmaeg, terre des Elfes Noirs de l'Est. Deux puissants empires humains occupaient une grande partie du Levant et du Ponant, mais on ne sait que peu de chose sur eux. En ces temps reculés du début de l'Âge des Paladins, les échanges entre les civilisations étaient rares et limités, et ces puissantes civilisations ont disparu à jamais, laissant néanmoins derrière elles de nombreux témoignages de leur savoir, comprenant notamment les imprenables forteresses disséminées sur leurs anciens territoires comme Castel Altitudinis à l'est ou Castel Immortalis à l'ouest.
La Guerre de la Trahison affecta peu Minyador, et c'est pour cela peut-être que l'on en parle si peu. Deux grandes portes éphémères s'ouvrirent seulement. Par la porte à l'est, située dans le grand désert de Shamrûn, jaillit la cité de Vamaaris, tandis que l'autre porte, située dans les Terres du Milieu, laissait passage à des forces ténébreuses peu nombreuses, insuffisantes pour créer des problèmes durant plusieurs millénaires. Mais elle laissa également passer autre chose, et pour notre malheur de nombreux siècles s'écoulèrent avant que l'on comprît le danger représenté par cet être...

Ainsi débuta l'Âge des Paladins, qui devait durer plus de six mille ans, par une période de calme relatif. La population mondiale était trop faible pour que les habituelles guerres territoriales ne commencent, et les forces de la Lumière comme celles des Ténèbres étaient isolées au beau milieu de grandes étendues désertiques. Les civilisations d'Itlanel et Léüria diminuaient progressivement, et les Elfes Noirs d'Orient se préparaient à entamer leurs grandes migrations qui les amèneraient en leurs terres actuelles. Les Esmir découvrirent du stelmar et du gwenar dans les montagnes du nord du Beau Pays, et fondèrent la cité d'Odhoria. Seuls les Hauts Elfes Sylvains d'Alfenheim avaient du souci à se faire. Les orques nouvellement arrivés avaient fondé dans le nord la forteresse du Mont Gandubal et commencé à porter des attaques sur les forêts des Dryades. Cependant nul ne se doutait que plus au sud, dans les déserts de Dor Gauroth et Mobgor, une ombre avait élu domicile, et attendait son heure.
Vint un temps où des explorateurs Paladins découvrirent enfin la bordure occidentale du désert de Shamrûn, et occupèrent les plaines fertiles d'Advaris, bordées à l'ouest par les monts de la Sierra Monotonia. Puis les Paladins traversèrent ces montagnes au Défilé du Grand Départ et arrivèrent au bord de l'Océan de l'Ennui. Après avoir fondé le grand port de Departus, ils essaimèrent dans les Terres de l'Est, puis commencèrent à coloniser le sud des Terres du Milieu, fondant les villes d'Holona et Havéna. Ils entrèrent en contact avec les Esmir d'Odhoria et les Eldar d'Alfenheim, et les trésors nains et elfiques coulèrent à flots dans la ville de Vamaaris. Mais un petit royaume se terrait entre Odhoria et l'Aventurie - ainsi appelait-on les terres colonisées par les Paladins. Caché au fin fond des monts de Skardos, le Ruel attendait son heure. Des druides et prêtres maudits, conservant les coutumes de leurs anciens seigneurs Princes de Métal, observant avec une haine mêlée d'envie l'hégémonie paladine.
Un beau jour, un homme vêtu d'une longue cape noire débarqua d'un navire mystérieusement apparu dans le Tentarias, et tout aussi mystérieusement disparu. Cet homme traversa les marais puants de Caron et arriva au pied des monts Skardos, dans la ville d'Hellas, où tous prirent la fuite, tant était terrible la peur qui émanait de lui. Il prit de là le chemin des cavernes des Druides, et pénétra dans l'une d'elles.
Nul ne sait quant il en ressortit - s'il ressortit - mais quelques jours plus tard, la première épidémie de peste ravagea Minyador, et on a quasiment la certitude qu'elle provint des manipulations des Druides.
La colère de Kasherim Nedrakh fut terrible. Il envoya son armée balayer le Ruel de la carte, et après le génocide qui s'ensuivit, il fonda le Merloz, prêt à fondre sur toute terre ténébreuse qui menacerait la paix sur Minyador, et durant de nombreux siècles, les Druides ne constituèrent plus une menace. Mais il était trop tard, le mal était fait. Les pions du Rôdeur étaient en place, et les forces ténébreuses attaquèrent les comptoirs paladins du Beau Pays. Les cités de Zagoris, des Iles du Mal Incarné et de Granbretanne se dévoilèrent au grand jour et attaquèrent l'Aventurie. Mais c'était sans compter sur les réserves de Kasherim Nedrakh. Les flottes de Departus et d'Havéna débarquèrent d'innombrables légions de merliens, et le sort de la bataille changea de côté. Zagoria fut rasée, les Îles du Mal Incarné ruinées et la Granbretanne envahie, maisValkyn, le seigneur du Merloz, fut frappé d'un trait empoisonné et son armée se retira. C'était la première erreur des forces de la Lumière, mais la seconde fut pire encore, et sonna le glas de l'Âge des Paladins.
Le devin Tirsirros avait fait un songe, la nuit suivant la blessure du Seigneur Valkyn, montrant la Cité de Laliros, la glorieuse capitale du Merloz, en proie à la mort. Valkyn ne voulut point l'écouter, et seule une dizaine d'hommes partirent pour Vamaaris. Tirsirros avait vu juste. Trois jours après son départ, la colère d'Alarak, déesse des Ténèbres, frappa le Merloz. Nul ne sait comment elle s'y prit, car il n'y eut aucun survivant, et trente siècles s'écoulèrent avant que quelqu'un ose revenir en Merloz.
Alors la puissance basée à Morbarad en Dor Gauroth se révéla au grand jour et frappa. D'innombrables légions d'humains, d'elfes renégats et d'orques jaillit de Gandubal, de Mobgor et de Dor Gauroth. Elle ne prit pas le temps d'attaquer l'Orndor ni l'Esmirial. Sa cible était plus à l'est. Le Seigneur Sardon tenait enfin sa revanche sur les Paladins.
Son invasion traversa comme un ouragan les Terres de l'Est et débarqua en Advaris. Le pays, pris au dépourvu, fut quasiment anéanti, et l'Armée poursuivit son avance implacable vers Vamaaris. Ce fut dans le désert de Shamrûn qu'eut lieu la dernière bataille, la plus terrible qu'eût connue Minyador. On dit que plus de la moitié de la population mondiale y périt, et le sable du désert en a gardé une couleur rouge, le rouge du sang.

Et les Paladins furent défaits.

Kasherim Nedrakh lui-même perdit la vit dans l'incroyable carnage de la Terrible Bataille, abattu par un sortilège de mort lancé par le Capitaine de l'Armée Noire, le sombre Morian en personne, celui-là même qui fut le responsable des souffrances des Terres du Centre durant tout l'âge qui s'ensuivit. On dit qu'une centaine de Paladins échappèrent au massacre et fuirent loin dans les Terres du Sud, emportant avec eux la Fontaine Noire en la cité légendaire de Karkaver. L'armée victorieuse mais amoindrie de Sardon se prépara alors à retourner vers ses terres. Mais c'était sans compter sur les flottes d'Havéna, qui tombèrent par surprise sur les transporteurs de l'Armée Noire. Bien peu revinrent à leur point de départ.
Et ce fut la fin d'un âge qui avait duré 6949 ans, et le début de l'Âge Sombre, où les manigances de Sardon conduisirent à bien des trahisons et des actes horribles, mais aussi des actes d'éclat sans lesquels ce monde aurait sombré dant des Ténèbres éternelles...
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MessageSujet: Re: Histoire   Ven 9 Nov - 17:36

Les débuts de l'Age Sombre, gloire et décadence de l'Atlantaë


Tout comme l'Âge des Paladins, l'Âge Sombre commença lentement. La moitié de la population mondiale ayant péri durant la Terrible Bataille, les querelles territoriales disparurent, et les Seigneurs des Ténèbres se fortifièrent dans leurs sombres demeures. Mais les forces du Bien ne restèrent pas inactives, loin de là. Les Paladins avaient essaimé dans toutes les Terres du Nord durant l'âge précédent, et ces colonies se développaient, commerçant avec leurs voisines naines et elfiques, même après la ruine d'Odhoria par un démon au début de l'âge.
Puis vers le dixième siècle de cet Âge, les Hauts Humains, tels qu'on les appelait, fondèrent le puissant royaume d'Atlantaë, aux frontières occidentales du Dor Gauroth. Sardon prit peur, il se voyait encerclé par ses ennemis au nord, au sud et maintenant à l'ouest. Il décida de ne pas attendre pour attaquer. Ce fut une erreur. Il fut vaincu et dut se retirer en ses forteresses du Dor Gauroth, ruminant sa vengeance. Il attendit deux siècles que la vigilance de ses adversaires s'émousse, puis il lança sa grande offensive. Il dévasta les terres naines de l'Esmirial du Sud, qui bordaient sa frontière septentrionale, et incendia les forêts elfiques du Linlad, dont les occupants fuirent à l'ouest et fondèrent les Terres Immortelles. Il porta ensuite ses forces vers le Pays de Pierre, vassal de l'Atlantaë. Mais la vigilance des Hommes n'avait pas fait défaut. Une armée gigantesque, menée par l'Empereur d'Atlantaë en personne, Tar-Daedagnir, jaillit de la Trouée de Rehan et déferla sur les arrières de l'armée de Sardon, qui se replia en grand désordre. Ce n'était qu'une feinte. Elle revint à la nuit tombée et prit d'assaut le camp impérial. Tar-Daedagnir perdit la vie, la dague d'un assassin orque dans le dos. L'armée impériale ne dut le salut qu'à l'intervention des forces du Pays de Pierre, qui lui fournirent le temps de se retirer.
Lorsqu'il apprit cela, le fils et héritier de Tar-Daedagnir, Tar-Valar, qui était resté en Atlantaë, en conçut grand courroux. Il fit lever la plus grande armée humaine que le monde ait jamais connu depuis la chute de Vamaaris, et partit à l'assaut du Dor Gauroth. La bataille aux Portes des Flammes, le Naur Annon, fut terrible et dura trois jours, durant lesquels le roi du Pays de Pierre et ses quatre fils périrent, laissant le royaume sans héritier. Mais le Naur Annon fut abattu, et l'armée de Tar-Valar pénétra en Dor Gauroth, première armée de la Lumière à le faire, et mit le siège devant la grande forteresse de Morbarad, capitale de Sardon. Ce siège dura à peine deux jours, durant lesquels les engins de siège atlantaëïens vinrent à bout des murs de la plus redoutable forteresse des Terres du Centre, à ce que l'on disait alors.
Morbarad fut détruite, et Sardon fait prisonnier, tant était grand le pouvoir de l'Empereur Tar-Valar. Il fut emmené en la capitale d'Atlantaë, et Sardon vit la majesté de la cité des Hommes, et sa haine se changea en envie. Mais Tar-Valar fut implacable, et le Seigneur des Ténèbres enfermé dans le plus noir cachot des prisons d'Ardengam, à purger sa peine pour les nombreux méfaits qu'il avait perpétrés, et la paix revint sur Minyador.
La cité d’Ardengam était la plus belle du monde, l'Empire s'étendait des frontières des Terres Immortelles à Godorno, et des limites sud de l'Esmirial aux portes d'Havéna. Oui, cette civilisation était la plus glorieuse que ce monde ait connue. Mais une ombre s'étendait peu à peu sur le midi de l'Atlantaë. C'était sans compter sur la fourberie de Sardon. Tant que Tar-Valar vécut, la garde autour de son cachot se montra vigilante, mais à la mort de son fils, il commença à influencer les Atlantaëïens en jouant sur les envies et les désirs de ceux-ci, et les Atlantaëïens l'écoutèrent.
Ils endurcirent leur cœur contre les elfes dont ils enviaient l’immortalité, d’autant plus que leur espérance de vie diminuait peu à peu avec les siècles. Ils se mirent à construire des maisons pour les morts plus belles encore que celles des vivants, et à révérer leurs ancêtres plus que leurs fils. Et surtout ils libérèrent le Seigneur des Ténèbres. Il leur fit procéder à des sacrifices sanglants au nom d’Alarak, et le ciel au-dessus de l’Atlantaë fut souillé par les fumées nauséabondes issues des brasiers allumés en l’honneur de la Déesse des Ténèbres.

Mais les Atlantaëïens n’avaient pas tous suivi les directives de Sardon, notamment un petit groupe qui soutenait encore l’empereur de l’époque, Tar-Elendili, et s’opposait aux visées de Sardon. Mais le plan de celui-ci était sans défaut. De plus en plus d’Atlantaëïens rejoignaient sa cause, surtout depuis la Grande Peste que les Druides avaient libéré dans les années 1712-1713, tuant quasiment tous les membres de la famille impériale sauf Tar-Elendili et l’un de ses lointains cousins, le Prince Darkelyn, qui vouait une admiration sans bornes à Sardon. Et le 19 septembre de l’an 1781 de l’Âge Sombre, celui-ci mit son plan à exécution. Un assassin se glissa de nuit dans la chambre de Tar-Elendili et abattit l’Empereur. Ce fut le signal du début de la guerre civile en Atlantaë. Darkelyn n’eut même pas le loisir de profiter du pouvoir, la vieillesse l’ayant emporté quelques années auparavant. Mais son jeune fils Galcuru, lui, était encore plus avide de pouvoir que son père et s’empara du trône aux dépens du fils de Tar-Elendili.
La guerre dura plus de deux siècles, même si il y eut de nombreuses périodes de calme. Sardon se réjouissait. Il avait secrètement entrepris la reconstruction de son ancien royaume et se préparait à agir de manière plus brutale. Et surtout, il attendait la vieillesse de l’usurpateur. Celui-ci, sentant approcher sa fin, tentait par tous les moyens de prolonger sa durée de vie, et devint très sensible aux chuchotements de Sardon. Et en octobre de l’an 2017, Galcuru mangeait littéralement dans la main du Seigneur des Ténèbres. Alors celui-ci agit enfin. Il commença par persuader l’empereur que si celui-ci s’emparait des Terres Immortelles où vivaient les Elfes, il jouirait également d’une longévité éternelle. D’autre part, il lui fit croire que ceux-ci empêchaient les hommes d’y pénétrer pour garder cette immortalité pour eux seuls. Purs mensonges, évidemment, mais Galcuru le crut, et il commença à rassembler son armée. Les Fidèles, comme s’appelaient à présent les hommes qui servaient encore l’empereur légitime, tentèrent de s’y opposer, mais il les fit bannir hors de l’Empire. Ils fuirent vers la Cité Immortelle de Tanelorn, qui existe sur chaque monde et dont l’exemplaire minyadorien avait été redécouvert quelques années auparavant à l’ouest des Terres Immortelles.
Le 14 novembre de cette même année, Galcuru était fin prêt, et il déchaîna la plus grande et la plus puissante armée qui ait jamais foulé les Terres du Centre, sur les Terres Immortelles. Les bannières de son armée étaient innombrables, et les lances faisaient comme une forêt agitée par le vent. Les trompes des porte-étendards sonnaient haut et clair, et le sol tremblait à des milles de distance lorsque l’armée gigantesque se mit en mouvement. Au milieu, Galcuru avait pris place sur un char gigantesque tiré par dix mille esclaves. Mais Sardon était resté à Ardengam afin d’attendre la chute de la Lumière face à sa toute-puissance. Mais c’était sans compter sur les pouvoirs des autres dieux. Les Elfes firent en effet appel à la puissance du Dieu des Créatures Immortelles, Tiralasto le Bon, et celui-ci parvint à convaincre ses semblables d’organiser le Conseil des Dieux.
Celui-ci dura une semaine, durant laquelle les forces de Galcuru commirent les pires exactions. Ce qui décida les Dieux à faire appel à la toute-puissance du Dieu Unique, celui qui rassemblait toute choses visibles et invisibles, matérielles et immatérielles, vivantes et inertes.

Et sa colère se déchaîna.

En un instant, l’armée de Galcuru se retrouva ensevelie sous un dôme de pierre immense, dont on dit qu’il ne se brisera qu’à la fin des temps. La terre s’ouvrit, et l’Atlantaë sombra sous les flots, emportant avec elle les plus belles merveilles du monde humain. La cité d’Ardengam disparut sous la mer avec ses trésors innombrables, ses monuments de marbre blanc et ses habitants. A la fin, une gigantesque vague verte et glacée balaya tous les rivages des Terres de l’Ouest et du Centre, emportant toutes les grandes cités fondées par les Atlantaëïens. Ce fut le glas de la plus grande et la plus belle civilisation humaine de Minyador.
Mais Sardon survécut. Il n’avait jamais espéré un tel succès pour ses manigances, mais il avait enfin réussi à éliminer son adversaire le plus dangereux. Les Paladins ? Trop dispersés et trop peu nombreux pour constituer une menace. Les Fidèles ? Il en restait à peine une poignée. Les Elfes ? Ils étaient occupés à panser leurs blessures. Seuls restaient les Nains, et il leur lança son grand assaut qu’il préparait depuis des siècles en Dor Gauroth.
Les Nains ne faisaient pas le poids, et l’Esmirial du Sud fut anéanti. De plus, dans le même temps, une ombre naquit sous les mines d’Odhoria, et la Terreur eut raison de la plus grande et belle cité naine qui ait jamais vu le jour sur Minyador, et plus d’un millénaire s’écoula avant qu’un Nain n’ose à nouveau pénétrer dans les couloirs ouvragés de la Cité des Esmir.


Dernière édition par Lord Darkmore le Jeu 5 Mai - 17:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Histoire   Ven 9 Nov - 17:36

Le Premier Siège de Godorno


S’ensuivirent des périodes de troubles pour tout Minyador.
Loin dans les Terres du Sud, une force ténébreuse naquit et ses armées tentèrent de détruire le royaume naissant du Ragonar, mais une force inconnue d’à peine quelques centaines d’hommes, dirigée par un être vêtu d’une cape rouge accompagné par un guerrier impressionnant, réussit à mettre en déroute les troupes du Videogame, avant de se retirer et de disparaître vers le pôle.
Puis en l’an 2245, le Tyran de Godorno commit une erreur. Godorno était en effet à l’époque le point de départ des armées de Sardon pour prendre la mer vers les Terres de l’Est et attaquer indifféremment le Beau Pays, l’Elmaeg ou pour se rendre en Zagoris afin de frapper les terres du sud-est. Le Tyran en était à l’époque le souverain, et il était redouté par tous ceux qui avaient un tant soit peu de jugement. Les habitants de la ville le craignaient plus que tout, car il laissait le choix à ses victimes entre la mort ou une quête perdue d’avance ou qui laisserait le malheureux condamné fou ou infirme, en échange de quoi il lui laisserait le commandement de sa ville, ce en quoi il ne prenait effectivement pas de risques. Aussi, lorsqu’un jeune aventurier nommé Loup Solitaire accepta la quête lui demandant de fermer les portes du Royaume des Morts, le Tyran n’y prit point garde, nombre de grands héros ayant échoué à le faire, avec pour seule sanction la mort. Mais ce que celui-ci ne savait pas, c’est que ce fameux Loup Solitaire était issu des Terres de l’Ouest, et avait été formé par les Fidèles d’Atlantaë, qui étaient partis de Tanelorn pour fonder le royaume imprenable d’Immortalitas, au centre du Gouffre Immortalien.
Nul ne sait ce que vécut Loup Solitaire dans le sombre Royaume, ni ce qu’il y vit, car il ne l’a jamais révélé. Mais quand il revint, le visage masqué derrière un haut casque de métal, qu’il ne retira d’ailleurs plus jamais depuis, la quête était accomplie. Le Tyran bien sûr demanda à voir, et ne put que constater la véracité des dires de Loup Solitaire. Bien que le Tyran servît le Mal, il était aussi très juste et céda le pouvoir à l’immortalien. Le Tyran partit dans l’Est, et on perdit sa trace durant de longues années.
Sardon bien évidemment était irrité et lança trois grosses attaques sur Godorno durant l’été 2258, mais les forces de Loup Solitaire, appuyées par les Elfes Sylvains d’Arden, les repoussèrent. Une nouvelle alliance naquit entre les Elfes, les Hommes et les Nains à la suite de ces batailles. Conscients néanmoins que Sardon pouvait leur poser de gros problèmes, ils décidèrent de fonder plus au nord, en Milfleur, la ville de Minas Gonor, qui pourrait leur servir de refuge en cas de gros assaut venu de Mobgor ou de Dor Gauroth. Laissant alors la ville à son apprenti, nommé Pip, Loup Solitaire installa ses quartiers à Minas Gonor, afin de superviser la construction de forteresses qui rendraient la cité imprenable.
Bien leur en prit, car depuis ses attaques manquées, Sardon n’était pas resté inactif. Il rassembla en effet des troupes venues du sud des Terres du Centre et frappa en l’an 2275. Des légions innombrables d’Orques et d’humains ténébreux, appuyées par les pouvoirs des immondes serpenmages, la cavalerie des Rhûnadoréens et les Mammouths du Désert des Noréens, déferlèrent sur le Rashmir et mirent le siège sous les murs de la cité de Godorno. Des engins de guerre gigantesques faisaient pleuvoir une pluie de blocs de la taille d’un cheval sur les murs de la ville. De gigantesques tours de siège s’élançaient par dizaines à l’assaut des murailles, déversant chacune un millier de combattants sur les remparts. Enfin, trois gigantesques béliers d’acier frappèrent simultanément les trois gigantesques portes d’acier et de stelmar de la ville. Malgré tous les préparatifs des godornians, leur défense des remparts fut balayée la muraille extérieure tomba aux mains des envahisseurs. Les combats se poursuivaient dans les rues, mais Sardon ne se souciait point des pertes. Son armée était plus nombreuse que ne le sont les arbres dans une forêt. Les défenseurs étaient à moins d’un contre cent…
Ils se réfugièrent dans la citadelle, et Sardon fit à nouveau avancer ses engins de siège. Les trois béliers pénétrèrent dans les rues ravagées, accompagnés par les tours d’assaut géantes et tirés par des mastodontes. Les godornians répondirent par une pluie de flèches et de poix bouillante, mais les terribles engins continuèrent à avancer. Par six fois, le bélier de tête frappa les portes. A la septième, celles-ci volèrent en éclats, et les soldats de Sardon entrèrent dans la citadelle. Tout semblait perdu, lorsque…
Un cri jaillit des arrières des troupes ténébreuses, et un mouvement agita la forêt de lances et de bannières qui encerclait la ville. Le mugissement d’un cor secoua alors l’air sec du désert et un grondement fit trembler le sol. Alors, poussant leur cri de guerre, une armée d’esmir et d’elfes sylvains jaillit du nord, écrasant sous la violence de l’assaut les troupes de Sardon. Le moral en berne, celles-ci se replièrent en désordre, tandis que les défenseurs de la cité tentaient une sortie. Le Seigneur des Ténèbres dut se retirer, et plus de deux siècles s’écoulèrent avant que ses sombres légions ne tentent un assaut d’une telle envergure.

Holona et les forces en présence à l’aube du vingt-cinquième siècle


Un siècle passa. Godorno avait atteint le sommet de sa puissance, et ses légions de fantassins lourdement armés avaient conquis la majeure partie de l’est des Terres du Centre, depuis les frontières de l’Ildin au sud jusqu’à celles de l’Esternoz au nord. L’alliance avec les elfes et les esmir se révélait fructueuse pour les trois peuples, et les navires marchands godornians sillonnaient toutes les mers de l’est jusqu’en Aventurie et même les pirates de Chadaki qui dirigeaient les passes donnant sur l’Haragaer laissaient passer les nefs godornianes à destination d’Havéna par crainte de représailles.
La population d’Havéna avait crû durant toutes ces années, si bien que la ville ne pouvait plus subvenir aux besoins de la population. Il fut décidé de coloniser les terres situées au nord des Grands Marais, alors aux mains des Chadakines et des Mobgorians. Il fut décidé en accord avec les Godornians de porter un coup à la fois par le nord depuis Godorno et Kelmar, et par l’est depuis Havéna, afin de prendre en tenailles les forces ténébreuses.
Le plan réussit au-delà de toute espérance. Les troupes de Sardon qui gardaient ces terres furent balayées, et la jonction entre les forces Helvines et Godornianes eut lieu en la ville de Shuni. Pour l’avènement du 24ème siècle, on fonda les deux grandes forteresses du Fort Blanc et du Fort Noir, ainsi que la nouvelle capitale de la région colonisée, la ville d’Havéna, et l’on nomma cette région Havénar.

Pendant ce temps, loin à l’ouest, de nombreux événements se déroulaient. Les Elfes Blancs et les Immortaliens, accompagnés par des Esmir de l’Ouest, colonisaient progressivement le grand continent nord-occidental, fondant les différents pays connus maintenant sous le nom d’Amarion, Faleseyan et Cités Minières. Ils finirent cependant par se heurter aux terres de Srigownem de Jantanos, loin sur l’Île de Sarn, et une grande bataille eut lieu au pied de la colline que l’in appelle l’Amon Dûr du fait de sa couleur noire tranchant avec le paysage toujours enneigé de la région. Les forces étaient à égalité, et celles de la Lumière durent se retirer. Mais une question s’était posée. Qui était ce fameux Srigownem, qui leur avait opposé une armée composée d’Antereis, d’Esyfies, d’Oïfënians et surtout de Guerriers de Métal ? Etait-il ce fameux seigneur des forces du Chaos dont on disait qu’elles avaient survécu aux Guerres des Dieux ? La question resta en suspens durant encore de longues années…
Plus au sud, les Elfes entrèrent en contact avec le Golto, qui était à l’époque une puissance ténébreuse mineure dirigée par un certain Nargavel, dont on ne savait quasiment rien. Après quelques batailles, les deux camps en présence convinrent d’une trêve et une longue muraille fut érigée, séparant le Faleseyan du Golto. Encore plus au sud commençaient les terres des Elfes Noirs, qui acceptèrent, mais avec méfiance, de commercer avec leurs voisins.

Au nord des Terres du Centre cependant, les Elfes Noirs d’Esternoz se montrèrent moins accomodants et envahirent le Milfleur, fief de Loup Solitaire. Faisant appel aux Druides ténébreux d’Argraâl, la sombre forteresse battue par les flots et surgissant comme un rocher au milieu de la Mer Grise, ainsi qu’aux Loups-garous de la péninsule de Wolfur, à l’extrémité nord-ouest du continent, ils lâchèrent des nuées d’horreurs sur les murs de Minas Gonor. Mais ceux-ci tinrent bon, et à l’arrivée des renforts godornians et egnossians, l’assaut se brisa. La contre-attaque gonorienne ayant échoié, une paix tendue finit par naître entre les deux puissances, mais les Loups comme les Druides continuèrent à envoyer régulièrement des armées éprouver les défenses des cités du Nord.

Dans l’Extrème Sud également, la paix n’était pas assurée. Le Videogame lançait régulièrement des attaques sur ses voisins, attaques souvent repoussées par les mystérieux combattants du Sud, jusqu’à ce qu’un traité soit signé en l’an 2457 entre les différents belligérants.

Enfin, à l’Est, Minyador connaissait enfin une paix relative. Le Zagoris comme le Ruel ne s’étaient pas encore remis de la Terrible Bataille et ne constituaient donc pas une menace, et la Granbretanne était en pleine guerre civile entre l’Empereur Huon et son général Méliadus qui tentait de le renverser. Quant aux îles du Mal Incarné, elles étaient également la proie de luttes intestines entre le Seigneur Imarganion et le Grand Mage Zarathostar. L’Aventurie s’était morcelée en une multitude de petits royaumes du fait de la disparition des Paladins, et ne connaissait plus la puissance dont elle disposait lors de la majesté de Vamaaris.
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MessageSujet: Re: Histoire   Ven 9 Nov - 17:42

Pour que vous vous repériez plus facilement, la carte de la région concernée est disponible ici. Je tappelle en outre que le descriptif géographique général de la planète est ici.



La Guerre dite « de cent ans »


Le vingt-cinquième siècle et le début du vingt-sixième connurent les guerres les plus sanglantes qu’il y ait eu depuis la fin de l’Âge des Paladins. Suite aux victoires des Godornians et des Havénars, leurs voisins Mobgorians et Chadakines ( du Royaume Bleu ) pansèrent leurs blessures et entamèrent une longue guerre d’usure contre la puissance naissante d’Holona. Les armées qui sortirent des forteresses de Celeb Barad et Chadaki, ou encore les troupes envoyées par la Cité Blanche et le Li-Korn, mirent à rude épreuve les villes d’Holona et d’Havéna. Godorno elle-même n’était point de reste, prise d’assaut tous les ans par les armées ténébreuses du Dor Gauroth. En 2437, la guerre s’étendit même à l’ouest, lorsque le Pays de Pierre tenta de porter ses forces contre les Corsaires d’Elwinglad, sans succès malheureusement. Mais ce furent trois grands assauts qui restèrent dans les mémoires.
Le premier eut lieu en mars 2452. Des nuées de pirates du Royaume Bleu, d’Aileron et de Li-Korn fondirent sur Holona mais furent stoppées de justesse au Fort Blanc, dont les murs mirent longtemps à perdre la teinte brune du sang des hommes et créatures mortes en tentant de les escalader.
Quarante-deux ans plus tard, survint la seconde grande bataille. D’innombrables régiments d’orques et d’humains renégats jaillirent de Mobgor et de Dor Gauroth, appuyés par une multitude de cavaliers légers de Rhûnador et les chameliers et cornacs de Talath Naur. Cette armée gigantesque prit la direction de l’est et fondit sur le Rashmir, puis attaqua Godorno. Les raids des cavaliers Orientaux [ainsi appelait-on les cavaliers de Rhûnador] mirent à sac les réserves de la ville, alors que les régiments d’infanterie, appuyés par des engins de siège énormes et les chameaux à bois et mammouths du désert du Talath Naur qui terrorisaient la cavalerie lourde godorniane fondaient sur les murs de la cité, renouvelant le scénario de 2275. L’intervention des ingénieurs esmir compta alors pour beaucoup dans la résistance de la ville, car elle permit de disposer de machines de guerre aussi efficaces que celles forgées par les ténébreux pouvoirs de Sardon, qui repoussèrent les Noréens [habitants du Talath Naur]. C’était cependant insuffisant pour vaincre les multitudes de Rhûnador, de Dor Gauroth et de Mobgor. Mais alors que tout semblait perdu, que l’armée noire entrait dans la ville sous un déluge de flèches elfiques, le salut vint de la mer à l’est, d’où débarquèrent les forces de la Cité de Krysmaldra et de Minas Gonor, boutant l’armée de Sardon hors du Godornar. Le grand assaut avait échoué, mais durant les quinze années qui suivirent, les Orientaux lancèrent encore de nombreux raids vers Godorno.

C’est pourquoi les forces d’Holona et d’Havéna décidèrent de soulager le front godornian, et entamèrent une avancée vers le nord, traversant les terres désertiques de l’ouest du Saulvin et longeant la forêt maudite peuplée de lycanthropes. Elles atteignirent les plaines et collines d’Ilnar, où elles fondèrent une nouvelle cité afin de narguer Sardon : la cité de Venetor. Dans le même temps, elles entamèrent la construction des deux grandes forteresses voisines, juste aux frontières de Mobgor et du désert de Sanar Douyouni : Fort Contre Mobgor et Fort Défense, respectivement.

Sardon commit l’erreur de ne point s’en préoccuper avant qu’il ne soit trop tard pour lui et que les Ilnariens se soient trop bien retranchés dans leurs nouvelles cités pour lancer un assaut depuis le Mobgor et l’Eldor, qui se brisa sur les murailles de leurs forteresses. Comprenant qu’il ne pourrait ainsi enlever Venetor, Sardon fit descendre le Paresnem à ses armées, qui vinrent se faire appuyer par celles commandées par Moïsanné de Semhenn. Mais les forces d’Holona remontèrent ce même fleuve et les forcèrent à dévier leur route vers l’ouest, jusqu’à la Forêt du Ver, où le piège conçu par Loup Solitaire se mit en branle. Il avait pour but de forcer l’Ennemi à se morceler en causant des incendies localisés sur le pourtour de la forêt, ce qui le rendrait plus facile à éliminer. Mais ce qui n’avait pas été prévu, c’était que le climat des dernières années avait été particulièrement sec en ces régions, et les incendies devinrent totalement incontrôlables. L’armée de Sardon fut bel et bien anéantie, mais la forêt brûla de fond en comble, et les cendres de l’incendie masquèrent le soleil pendant des jours sur des centaines de kilomètres à la ronde, et furent à l’origine d’hivers extrêmement froids durant plusieurs années sur le globe entier.

Cependant, alors que dans la Forêt du Ver — qui prit plus tard le nom de Forêt Incendiée — les flammes dévoraient ses régiments, Sardon décida de porter un nouvel assaut sur Godorno. On était alors en juillet de l’an 2511. Les serpenmages sortirent de leurs retraites du Désert Noir et fondirent, accompagnés de régiments d’Orientaux appuyés à nouveau par les mastodontes et les chameaux à bois de Sanar Douyouni ainsi que par les lourds engins de guerre de Dor Gauroth, traversèrent les Plaines Grises. C’était vraiment un mauvais été pour Sardon. La malchance pour lui voulut que des éclaireurs d’Ismaril eurent vent de l’assaut et envoyèrent des messagers à travers la Mer Grise vers Krysmaldra, dont les armées répondirent massivement à l’appel. La Bataille des Plaines Grises sonna le glas des espoirs de Sardon de reconquête du centre et du sud d’Isseane, et la fin de la Guerre de Cent Ans.

Quelques années plus tard, l’Elwinglad et le Talath Naur tentèrent bien d’attaquer le Pays de Pierre, mais l’absence de renforts de Dor Gauroth et d’Eldor fit capoter leur tentative, et les Terres du Centre furent enfin calmes durant des siècles, hormis quelques attaques facilement repoussées par les forces coalisées de la Lumière.

Loin dans le Nord


Rejoignons à présent le nord du continent, là où tout est froid et humide. Le blizzard et le sol gelé rendent les terres hostiles, seules quelques oasis de végétation apparaissent dans des endroits bien abrités des vents que seules quelques collines dévient. Pourtant, dans ces terres désolées, plusieurs groupes ont élu domicile. Depuis bien longtemps à présent, les colons paladins ont fondé la cité d’Egnos, perdue au milieu des désolations glacées peuplées de drakes de Kaelnoz, au pied des seuls véritables pics qui rompent l’absolue monotonie de la toundra : les Crêtes des Dragons. Nul ne s’aventure dans ces vallées entourées de pics acérés, car les grands reptiles volants rôdent. Mais au bord de l’Elgonauth se dresse la fière cité paladine d’Egnos. Depuis la chute de Vamaaris coupés du reste des Paladins, ils ont survécu, puis peu à peu prospéré en commerçant avec les royaumes d’Esmirial. Plus tard, la fondation de Minas Gonor loin à l’est permit la réouverture des routes commerciales à destination de Krysmaldra ou du Beau Pays. Malgré la menace constante de l’Esternoz et du Levv, et de leurs attaques surprises d’elfes noirs, d’esyfies, d’antereis et d’hernists sur Minas Gonor ainsi que les raids de Drakes de l’Ombre, la cité d’Egnos se mit à prospérer. Cependant une ombre se profilait sur le midi de cette civilisation. C’était le petit pays de Wolfur.

Situé sur la péninsule au nord-ouest du continent, les terres de Wolf étaient parmi les rares étendues boisées de la région, jouissant de la présence de sources chaudes. Les habitants de ce pays avaient été il y a bien longtemps maudites par Sardon et condamnées à la lycanthropie. Or il advint un jour que l’un de leurs rois, nommé Hawlrhaw II, se découvrit une envie de conquête, et ils déferlèrent sur le plateau glacé qui prit le nom de Plateau des Loups. Les rares Nordiques qui vivaient là furent balayés. Puis à la fin du vingt-quatrième siècle, il attaqua l’Egnossian. De terribles batailles s’ensuivirent, mais finalement aucun des deux protagonistes ne parvint à prendre l’avantage. Finalement, la guerre dégénéra en une lente guerre d’usure qui dura jusqu’à la mort du Grand Loup, en 2409. Les Loups se retirèrent des frontières de l’Egnossian et la paix revint. Cependant, l’arrière-petit-fils d’Hawlrhaw II, nommé Rakhwoch, décida de poursuivre l’œuvre de son aïeul, et il attaqua Egnos. Mais il n’avait pas hérité de celui-ci les compétences de général, et les troupes armées d’Esternoz l’écrasèrent et il fut tué dans la bataille. Son fils et son petit-fils n’étaient guère plus doués que lui, et de 2471 à 2534, ils essuyèrent revers sur revers, et furent obligés de se replier jusqu’aux falaises marquant les limites du plateau de Loup, où ils furent forcés de signer une armistice très dure leur interdisant pour au moins trois siècles de remonter une armée.

Vers le milieu du vingt-sixième siècle, les Esmir envoyèrent une importante armée dans les Désolations du Nord afin d’en purger les Dragons, et bien qu’il en resta quelques uns de vivants, ils étaient à présent bien trop peu nombreux pour constituer une menace, et les royaumes humains et nains purent prospérer durant de longues années encore. Seul, dans les îles perdues près du pôle, le Roi de Métal Kaltongis de Mariakern, constitua une menace à la fin du vingt-neuvième siècle en attaquant et incendiant la Cité Interdite, mais il se contenta du butin qui y avait été pris et ne poursuivit pas son attaque vers les Désolations des Dragons et les colonies humaines et naines.

Ainsi commença le trentième siècle, qui allait être fertile en événements.
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MessageSujet: Re: Histoire   Ven 9 Nov - 17:42

2910-2913 AS : La Première Guerre Minyadorienne


Ce statu quo entre les forces de Sardon et celles de Loup Solitaire ne pouvait plus durer, malheureusement. Les forces des Ténèbres, sous le contrôle des terribles généraux du Seigneur Noir Danaan et Skorgûsh, se massèrent à nouveau en Isseane. Dès le mois d’août 2909, les tensions devinrent palpables entre les armées du Dor Gauroth et du Pays de Pierre, tant et si bien que les Corsaires d’Elwinglad et les troupes montées sur des chameaux et des mammouths du désert de Talath Naur fondirent sur le Fort des Etoiles.
Dans le même temps, les Ogres de l’est de Varilane lancèrent une importante offensive sur le reste du continent, provoquant l’entrée en guerre du Salivrat et du Ragonar. Dans l’année qui suivit, le jeu complexe des alliances s’activa et successivement le Paladinat, puis le Xewign, Holona et le Mobgor entrèrent en guerre. Loin à l’est, sur le continent de Varlen, le Tyran se déclara ouvertement en envoya les forces d’Aventurie appuyer celles du Xewign et du Zagoris. En quelques mois, tout l’Est était passé sous le contrôle du Tyran et de ses alliés de Gwaith-i-Nargûl, Xewign et Granbretanne.
Mais le coup de grâce fut porté aux forces de la Lumière lorsque l’affreux Prince du Poison de Ruel lâcha une épidémie de peste qui ravagea Sarriane et le nord d’Isseane, puis envahit le Milfleur. C’était en effet ce qu’attendaient les Loups pour déferler à nouveau sur les plaines du Nord. Ils survinrent en meutes compactes, submergeant les villes de Portus et attaquèrent l’Egnossian et l’Esmirial, déjà bien mis à mal par la peste et les régiments de Sardon. Bientôt seules quelques citadelles du Nord restaient invaincues. Pendant ce temps, les noires légions de Sardon prenaient les couronnes extérieures d’Holona et Godorno.
Dans le sud, ça n’allait guère mieux. Les traîtres de Videogame profitèrent de ce que les armées de Paladinat soient parties aider leurs alliés de Salivrat et Ragonar pour fondre sur la cité de Karkaver, capitale des Paladins. Les rares défenseurs furent balayés, et bientôt l’armée mit le siège sous les murs de la forteresse.
Tout semblait perdu. Seuls quelques rares îlots de forces de la Lumière subsistaient sur Isseane, comme Venetor, Havéna et le Fort Blanc au sud, les forêts elfiques et l’Esmirial de l’Est, ainsi que quelques cités dans le Nord.
Cependant, fin octobre et début novembre 2911, la tendance s’inversa dans le centre et le nord d’Isseane. L’affaiblissement de l’assaut de Sardon sur la forêt d’Arden permit aux elfes d’envoyer des renforts prendre à revers les assiégeants de Godorno. De plus, une armée venue des Terres Immortelles parvint à repousser les Loups et à permettre à Egnos et à Minas Gonor de sauver ce qu’il restait du Nord. Cependant Holona finit par céder sous les assauts des Mobgorians, et les armées de Sardon parviennent à s’emparer du légendaire Œil de Téléportation d’Holona, relié au réseau de couloirs magiques menant à Havéna, Karkaver, Godorno et Minas Gonor. Cependant Sardon ne réalise que trop tard l’importance de celui-ci, et les armées d’Havéna, de Salivrat et d’Aremevrim parviennent à reprendre Holona avant que les troupes ennemies ne parviennent à placer des têtes de pont trop solides dans ces villes. Il était temps, car Karkaver était prête à céder et la Fontaine Noire à tomber entre les mains du plus terrible des ennemis des Paladins…
La défaite du Gwaith-i-Nargûl et le rangement d’Arthus VII et de ses alliés du côté de la Lumière porta le coup final à Sardon. Privé de ses appuis à l’est, la Granbretanne, le Xewign et l’Aventurie ayant cessé le combat, Sardon dut rentrer dans ses terres. Une paix vigilante s’établit alors au début de l’année 2913, qui devait durer jusqu’en 2959…

2913-2959 AS : La Paix Vigilante


Les tentatives des alliés de Sardon pour se débarrasser à nouveau des forces de la Lumière durant les dix années suivantes, comme par exemple l’assaut elwingladéen sur le Pays de Pierre en 2915, furent toutes des fiascos lamentables, et eurent pour uniques résultats d’importantes pertes territoriales des forces ténébreuses, notamment sur Varilane où les Ogres furent définitivement réduits à céder leurs terres aux Lathins et où les Breizh d’Huñvre furent anéantis par la nouvelle puissance naissante de la Montagne aux Ecritures. Cependant, un nouveau danger se profilait à l’horizon sur Eütsaat, en la montagne du Pic de Dante.
Le Pic de Dante avait été découvert vers 2445 AS par des mineurs paladins qui y trouvèrent du Quasifer, un métal rare dont les seuls autres gisements connus se trouvaient en Merloz et en Shamrûn, en conséquence inexploitables depuis la fin de l’Âge des Paladins. Cette découverte avait amené un certain nombre de Paladins à coloniser la région, qui se situait au sud du Ragonar de l’Ouest, au confluent entre le Fleuve Grisâtre et les nombreux bras du Storna.
Ce volcan géant témoignait bien d’une activité soutenue, quoique bien moins que d’autres dans les régions alentour, qui avaient défrayé la chronique comme le Vorsipan dont les cataclysmiques éruptions au sud du Ragonar dévastaient tous les ports de la région. Cependant, début février 2923 AS, une très violente éruption du volcan provoqua l’abandon des mines et les riverains firent venir Loup Solitaire et Cedwal Moro, alors dirigeant du Paladinat, afin d’en savoir plus sur la conduite à suivre. Tous deux préconisèrent l’évacuation de la région, des éruptions de plus en plus violentes et fréquentes secouant le volcan et provoquant des coulées de boue sur le Fleuve Grisâtre et le Storna.
Cependant, alors que l’évacuation battait son plein, l’apocalypse se déclencha. Le Pic de Dante éclata littéralement, balayant la région à des centaines de kilomètres à la ronde de nuées ardentes et recouvrant tout le continent de plusieurs pouces de cendres. Les bras nord du Storno furent comblés par les dépôts, et dans les terres recouvertes d’une étrange roche friable jaunâtre sur des épaisseurs impressionnantes les rivières creusèrent rapidement de profonds canyons. Les séismes qui accompagnèrent l’explosion provoquèrent l’effondrement de la plupart des bâtiments du continent. Ragonarost fut la seule ville dans la zone à rester quasiment intacte, protégée par les lourds remparts construits au temps de l’Âge des Paladins par la civilisation disparue de Léüria. Loup Solitaire, qui se trouvait alors à Dantonium, en réchappa de justesse, contrairement aux dizaines de milliers de personnes vivant dans la région touchée dont seule une poignée parvint à survivre à l’explosion et aux deux qui parachevèrent l’anéantissement du volcan.
Durant les cinq années qui suivirent, les poussières de l’éruption firent un gigantesque voile qui fit diminuer sensiblement les températures du globe. Les hivers 2924 à 2927 furent parmi les plus rigoureux de l’âge, et d’importantes famines emportèrent nombre de minyadoriens durant ces terribles hivers. Cependant, vers la fin de la décennie, les produits de l’éruption se déposèrent et le climat revint progressivement à la normale.

Peu après ces tragiques événements, les Terres du Centre furent à nouveau le théâtre de sanglants combats.
Fin juillet 2929, les armées coalisées d’Ildin, du Désert Noir et du Royaume Bleu tentent de renouveler leur exploit de 2912 en attaquant Holona. Cependant, les forces des armées d’Havéna, Godorno, du Salivrat et du Bolan prennent à revers les troupes ténébreuses. Malgré leur supériorité numérique, une succession d’erreurs stratégiques faillit mener les trois pays ténébreux à leur perte. L’Ildin comme le Désert Noir furent occupés, et le Royaume Bleu aurait subi le même sort si les flottes de Li-Korn et de l’Île Aileron ne lui étaient pas venues en aide. Une paix précaire revint encore, troublée épisodiquement par d’infructueuses incursions mobgoriennes vers Godorno.

2959-2961 AS : Les Guerres Glorieuses


Vers la moitié du siècle vint à se produire un événement de toute première importance dans l’Ouest. Il advint en effet que les armées de Srigownem de Jantanos furent vaincues par les Immortaliens. Srigownem, conscient de la puissance et du savoir de l’Immortalitas qui atteignait l’apogée de sa gloire à cette période, décida de se ranger du coté de celui-ci plutôt que de tenter une résistance qui eût coûté la vie à nombre de soldats d’un côté comme de l’autre. Ces événements firent que les armées de l’Ouest purent être affectées sur d’autres fronts et mener à la libération successive de l’Olmar, de l’Esternoz et du Dor Losmen durant l’été 2959.
L’alliance entre les armées des Chevaliers de Métal et l’Immortalitas s’avéra particulièrement fructueuse. Outre ces grandes victoires, un grand échange de savoir et de compétences eut lieu et mena à la fondation de l’Université d’Irdani, dont la bibliothèque devint la plus riche de Minyador. La diffusion des textes scientifiques, religieux et littéraires connut une progression importante, notamment grâce à l’invention de l’imprimerie en 2954 par un érudit immortalien du nom de Athrël Molianor. Ces idées furent rapidement diffusées dans tout l’Ouest et le Nord, et parvirent également dans l’Est et le Sud au cours des décennies qui suivirent, rayonnant autour des grands centres de savoir, aussi bien ténébreux que de la Lumière comme Karkaver, Aremever, Rhûnrast et Krysmaldra. Durant cette période furent semés les germes de ce qui allait devenir la Grande Alliance.

Ainsi commencèrent les Guerres Glorieuses. Suite aux victoires sur l’Olmar et à la libération du Nord, les armées d’Immortalitas attaquèrent les Loups sur leurs propres terres de Wolfur à la fin de l’année 2960. En moins d’un mois, la capitale était assiégée. Hawlroc’h, le Grand Loup alors au pouvoir, ne put rien faire pour sauver ses terres et préféra fuir le 2 mars 2961, précipitant la défaite des forces ténébreuses nordiques.

Conscient de l’imminence d’une attaque par le nord sur ses terres, Sardon préféra agir sans attendre et porta un grand coup sur Godorno, qui eût réussi sans l’intervention courageuse des Nains d’Esmirial qui au terme d’une marche forcée de plusieurs centaines de kilomètres ralentirent suffisamment les armées de Mobgor pour permettre aux troupes de Minas Gonor de prendre place et de stopper complètement l’invasion ténébreuse. Dans le même temps, les troupes du Pays de Pierre étaient déployées dans les Steppes Tertares afin d’envahir le Dor Gauroth. Cependant, malgré la victoire dans les Steppes des forces de la Lumière, Sardon avait gardé des forces en réserve et attaqua depuis l’Elwinglad, manquant de justesse de prendre à revers les Petereans (habitants du Pays de Pierre). Progressivement, les fronts finirent par se stabiliser dans un équilibre instable, menaçant de pencher d’un côté ou de l’autre au moindre événement perturbateur.
C’était ce qu’attendaient Holona, Havéna et le Salivrat pour débarquer en Semhenn. Durant cinq mois, attaques et contre-attaques se succédèrent, chacune rapprochant la défaite de Moïsanné, jusque dans les faubourgs de Nuiblanch, cependant l’Ildin, le Royaume Bleu et l’Ile Aileron attaquèrent simultanément les ports de l’Haragaer. Bien que les pirates soient repoussés, le Semhenn avait eu le temps de se remettre et de stopper l’avance des armées sous le commandement holonar de Cedwal Moro. Le Nord et l’Ouest étaient néanmoins enfin à l’abri de la menace ténébreuse.

Suite au gel de l’avancée des forces de la Lumière sur Isseane, il fut décidé entre Cedwal, Loup Solitaire et le Grand Lumineux, l’énigmatique connétable de l’Ordre des Paladins qui camouflait son visage sous sa longue cape rouge, d’envahir la Granbretanne et le Zagoris. Les forces de Karkaver et d’Aremever débarquèrent à Orque, ancienne capitale de la province occidentale de Lirande, au milieu du mois de février 2963, alors que le pays était déchiré par une terrible guerre civile entre l’immortel Roi-Empereur Huon et l’un de ses généraux, le seigneur Meliadus.
La chute de la Granbretanne fut presque trop facile. En un mois, les troupes aremevrines étaient entrées dans la capitale. Huon comme Meliadus se haïssaient trop pour faire cause commune contre les forces de la Lumière et durent tous deux chercher leur salut dans la fuite en Zagoris.
Le Zagoris n’était guère mieux loti que la Granbretanne, menacé par des factions indépendantistes xewignanes de se scinder en six provinces distinctes. Cependant, contrairement à la Granbretanne, zagoriens et xewignans firent cause commune contre les armées de la Lumière, malgré la diversion portée sur Indiran, alors que le véritable assaut visait Dagorlond, le grand port oriental de Zagoris. Durant quatre jours, du 6 au 10 avril, les batailles terrestres et navales se poursuivirent à Dagorlond, s’achevant même par l’incendie de la ville, mais les zagoriens finirent par repousser les aremevrins et les Paladins. Ainsi finirent les Guerres Glorieuses.

Bien que tous les grands assauts n’aient pas atteint tous leurs objectifs, ils eurent néanmoins pour résultat d’affaiblir grandement la prise de Sardon sur ses terres orientales, et permirent la fondation de postes avancés des forces de la Lumière à proximité des frontières des grandes capitales de ses empires. Durant les décennies qui suivirent, le Zagoris s’effrita et dans l’Extrême Est la résistance parvint à reprendre un certain nombre de pays, comme en Ondrian Arsonna. Cependant, l’échec au cours du mois de novembre 2974 de la rébellion en Advaris, écrasée dans un bain de sang par le Tyran, mit fin aux mouvements dans l’Est.
Durant la dernière décennie du troisième millénaire, le Videogame commit l’erreur de tenter de renouveler son exploit de 2911 en attaquant le Paladinat. Les Paladins s’attendaient depuis longtemps à cet assaut et anéantirent les armées d’invasion, avant de marcher sur le Videogame central. Il fallut cependant attendre le mois de septembre de l’année 3001 avant que le Videogame ne soit entièrement vaincu, au terme de plus de dix années de guerre.
Durant cette même période, il fut décidé de poursuivre l’encerclement du Xewign et de ses alliés en fondant le Dorpinnath juste au nord du Ruel et en attaquant le Beau Pays, tenu depuis des siècles par les Druides. L’affaiblissement du Ruel qui suivit ces deux coups portés à sa puissance s’ajouta à celui consécutif à la chute de l’Esternoz et de l’Olmar, le laissant de plus en plus vulnérable à ses ennemis, et bien que le Dorpinnath n’ait résisté que de justesse à la riposte des cénériens et l’attaque sur le Beau Pays ait été repoussée, il était au crépuscule de sa puissance…
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MessageSujet: Re: Histoire   Ven 9 Nov - 17:45

3005-3010 AS : La Guerre de la Grande Alliance
3003 AS : L’Avenement de l’Alliance


Fin octobre 3002 de l’Age Sombre, Loup Solitaire, à ce moment dirigeant d’Immortalitas, Cedwal Moro, seigneur d’Holona, Ivan Korvanov et le Grand Lumineux de Karkaver, Pip de Godorno, ainsi que de nombreux autres grands seigneurs de la Lumière, se réunirent à Aremever afin de discuter de l’avenir de Minyador.
Cependant, Sardon eut vent du Conseil et attaqua à nouveau le Rashmir, alors province godorniane. Ses noires légions déferlèrent par milliers sur les steppes désertes et mirent le siège sous les murs de Godorno. Durant tout le moi de mai de l’an 3003 AS, les défenseurs furent mis à dure épreuve, d’autant plus que l’année se révéla exceptionnellement sèche dans la région. Les puits de la ville quasiment taris, les habitants de la cité fournirent cependant une résistance acharnée aux légions sardoniennes, pourtant parfaitement ravitaillées par des caravanes de Rhûnador, de Talath Naur et du Désert Noir.
Néanmoins, au bout d’un mois de dures épreuves pour les Godornians, le scénario habituel se reproduisit : les Elfes d’Alfenheim et les Nains d’Esmirial tombèrent par le nord sur les assaillants et les repoussèrent. Cependant, la percée espérée vers le Dor Gauroth ou le Mobgor ne put être faite, et le front se stabilisa à nouveau sur les bords de l’Orlipa, le fleuve faisant la frontière entre le Rashmir et le Murn.

Cet assaut fut ce qui précipita la décision du Conseil de la Lumière de lancer le Grand Rassemblement et de forger ce qui deviendrait la Grande Alliance. Il fut décidé de frapper en trois points. Alors que les armées de Godorno, des Elfes et des Esmir clouaient les troupes de Sardon sur ses frontières est, il s’agissait d’envahir ses alliés des Terres du Centre et des Terres de l’Est, puis une fois ce but atteint, porter l’intégralité des armées de la Grande Alliance sur le Mobgor, le Dor Gauroth et Gandubal.


Janvier - Juillet 3005 AS : La Conquete de l’Haragaer


Il fallut deux ans aux Seigneurs de la Lumière pour achever de pacifier et rassembler toutes les forces du Centre et du Sud jusqu’en Aremevrim. Durant ces deux années, Sardon se tint coi. Il savait ce que ses adversaires tentaient de faire, mais il n’avait plus les moyens de les en empêcher, ses possessions du Sud et de l’Est étant à présent séparées du Mobgor par de grands territoires désormais contrôlés par les troupes de la Grande Alliance.
Enfin, le 11 janvier 3005, la première vague de la Grande Alliance s’abattit sur le Li-Korn. Cette date restera comme celle marquant le véritable début de la Libération, et est à présent fréquemment fêtée dans les Terres du Centre et du Sud. Le temps très beau et chaud aida grandement les troupes de la Grande Alliance à traverser la barrière de récifs entourant le pays, les rochers apparaissant parfaitement en rouge et blanc sur les fonds bleu turquoise de l’Haragaer, ce qui permit aux Alliés de poser le pied sur l’île où nul homme libre n’était jamais allé dès la fin du mois.
Dès lors, la progression se fit plus lente, mais une avancée constante se poursuivit. Au cours des semaines qui suivirent, l’est du Li-Korn tomba entre les mains des Aremevrins. Ce voyant, les Li-Korniens comprirent qu’ils ne pourraient repousser leurs envahisseurs sans aide, et envoyèrent des messagers demander de l’aide à leurs alliés du Royaume Bleu, de l’Ile Aileron et de Semhenn, qui envoyèrent en réponse leurs troupes d’élite pour tenter d’endiguer le flot aremevrin.
C’était bien évidemment ce qu’attendaient les autres armées de la Lumière pour agir. Les troupes stationnées en Salivrat, en Pays de Pierre, à Holona, à Havéna et à Krysmaldra fondirent sur les terres ténébreuses. Battues en brèche sur tous les fronts, les forces de Sardon se mirent à reculer et à abandonner de larges portions de territoire à l’Alliance, comme par exemple le Sanar Douyouni, l’Eggou, le Rilda et le Plamde.
Fin mai, Chadaki, la capitale du Royaume Bleu, tombe aux mains de l’Alliance, le Roi-Démon tué, et avec lui disparaît tout le contrôle de Sardon sur la Morgaer. C’est le début de la fin pour les pays ténébreux de l’Haragaer. A présent isolés les uns des autres sans espoir de renfort, les pays ténébreux tombent les uns après les autres : Ile Aileron le 28 mai, Ildin dès le 30 mai, et reprise de l’avancée en Li-Korn dès la mi-juin. Mi-juillet 3005, Ovénaïd est tombée. L’Haragaer est libre.


Fevrier - Decembre 3005 AS : L’Invasion de l’Orient


Dans le même temps, le second assaut est porté sur l’Est. Tout commence par un assaut porté par le Dorpinnath sur les terres de Ruel et d’Almaranor le 14 février, au plus fort de l’hiver, le moment où les Druides comme les Princes de Glace s’y attendaient le moins. Bien que l’avancée soit lente, elle reste relativement constante grâce à l’équipement fourni par les Paladins et les Immortaliens, constituant par ailleurs une part non négligeable des armées envoyées dans la région.
Simultanément, les forces aremevrines envoient à nouveau une flotte vers les mers de l’Est, où elles se heurtent pour la première fois à celles des Iles du Mal Incarné, gouvernées par les Princes de Métal Imarganion et Karadan, toujours plongés dans leur querelle ancestrale depuis la chute de l’Empire de Métal. Les Aremevrins, les Paladins et les Elfes de Vinyamar, dirigés par le Grand Lumineux et Aldamellon le Sagace, exploitent leur inimitié et finissent par vaincre Karadan en juin de la même année. Zarathostar lui succède mais à l’époque il n’était pas le seigneur Antereis redouté qu’il est à présent devenu et le nord des Iles du Mal Incarné tombe entre les mains de l’Alliance. Imarganion est à présent trop faible pour constituer une menace, et bien qu’il se défende avec l’énergie du désespoir au point que Sudmal tiendra encore jusqu’à la fin du mois d’octobre, il ne constituait plus un obstacle et la Flotte du Sud mit le cap sur le Xewign début juin.
Au même moment, l’assaut porté par les Dorpinnhrim faisait tomber Almaranor et la Flotte du Nord, composée des armées de Levv, de Milfleur et d’Elmaeg, et dirigée par Gorromok, le capitaine corsaire d’Havéna qui avait la réputation d’être invincible, débarquait sur les côtes du Beau Pays afin de prendre en tenailles Croatie et le Ruel.
La Grande Flotte de Karkaver et d’Aremever prit par surprise les xewignans en attaquant directement du côté où elle s’y attendait le moins, c’est à dire Rhûnrast, la capitale, située sur les mers orientales, sur le conseil de Marlos, le capitaine corsaire d’Havéna qui en devint plus tard le dirigeant. Au bout de quatre jours à peine, la cité était tombée, notamment grâce à la découverte dans la maison de campagne d’Harek, un Amiral xewignan, des plans des défenses de la ville, et ses dirigeants emprisonnés. Cependant le Grand Lumineux leur accorda la liberté, comme il est dit dans la Légende Xewignane, car ils avaient le cœur bon et pur, cherchant plus la paix qu’une alliance aux Ténèbres ou à la Lumière, et le Xewign de l’Est se rangea de son côté. Ce ne fut cependant pas le cas pour tout le pays, et le Zagoris comme le Xewign Central et de l’Ouest continuèrent à se battre. Laissant néanmoins une part importante de ses forces, dirigée par le Grand Lumineux et son serviteur Prince de Métal, la Grande Flotte reprit la mer vers l’est.

C’est alors, comme il est conté dans la Légende Xewignane, qu’advint l’une des plus terribles catastrophes naturelles de l’histoire minyadorienne. Le 28 juin, sans aucun signe avant-coureur, le Mont Noir, un volcan situé au loin dans les désolations glacées de Dorpinnath, connut une éruption semblable à celle du Pic de Dante en 2923 AS. Tout le nord de Sarianne en fut anéanti, les côtes de la Morgaer, du Tentarias et de l’Océan de l’Ennui dévastées et le Nord recouvert d’une épaisse couche de cendres qui abattit presque toute la végétation. Très sévèrement touchés, le Ruel, Croatie et le Beau Pays furent réduits à capituler face aux armées peu éprouvées les envahissant par le sud.
La Grande Flotte, alors au large, fut à peine touchée, mais ce ne fut pas le cas du port de Departus dans lequel elle débarqua. Alors qu’en temps normal, la ville aurait pris les armes contre l’Armée, elle l’accueillit comme une sauveuse après l’anéantissement presque total de la ville, et après avoir offert toute l’aide possible aux habitants, Aldamellon fit mettre le cap sur l’Advaris.
Tout comme Departus, l’Advaris avait été durement éprouvé, ses défenses extérieures totalement anéanties par le tsunami, et l’Armée de la Grande Alliance pénétra sans coup férir dans la vallée principale, où elle rencontra une résistance acharnée menée d’une main de maître par le Tyran. Il fallut toute la dextérité et le génie militaire du Grand Lumineux, revenu entre-temps de Zagoris où le front s’était stabilisé, pour enfin faire tomber Quenemya à la fin du mois de décembre. Le Tyran réussit cependant à fuir secrètement vers le Golto où il resta caché durant des années.

Cependant, tout n’allait pas aussi bien dans les Terres du Centre. L’éruption du Mont Noir ayant sévèrement endommagé les ports de Godorno, Sardon lança son dernier assaut sur la ville. Sans l’intervention heureuse de l’Ilnar et de l’Esmirial qui tentèrent – infructueusement – de prendre d’assaut le Dor Gauroth, forçant Sardon à retirer ses troupes, Godorno serait tombée.
Et les fronts se stabilisèrent à nouveau…


Juin 3008 - Mars 3009 AS : La Chute du Zagoris


… Jusqu’au 6 juin 3008. A cette date en effet, la défense zagorienne subit un revers terrible suite à une grave erreur stratégique qui coûte la vie à des milliers de ses soldats, et stoppe enfin le statu-quo entre les armées de la Grande Alliance et celles du Zagoris. La défense se voit obligée de se réfugier en sa forteresse de Castel Altitudinis et à Zagoria, la capitale dont les Portes sont aussitôt prises d’assaut.
Cependant la défense de la ville et de la forteresse tient bon, bien que le siège soit très éprouvant pour les défenseurs qui savent qu’ils ne peuvent espérer aucun renfort de la part des pays voisins, vaincus comme le Ruel ou ayant changé de camp comme le Xewign de l’Est, dont la reconstruction est entamée par ses Grands Amiraux Harek, Isthar et Aragis, redevenant rapidement une puissance importante et Rhûnrast, qui avait été anéantie par le tsunami du Mont Noir et l’attaque l’ayant précédé, le grand centre de commerce et de savoir de l’Orient.
Tout ceci pesait lourd sur le moral des zagoriens, qui bien que haïssant les xewignans, ne les respectaient et enviaient pas moins. C’est pourquoi vers la mi-février 3009, au terme d’une semaine particulièrement glaciale qui vit les réserves de nourriture de la ville s’effondrer dramatiquement, la garnison de la porte nord de la ville l’ouvrit aux armées de la Grande Alliance. Dans les jours qui suivirent, les quartiers de la plus grande ville de Minyador tombèrent les uns après les autres, certains de leur plein gré, d’autres offrant une résistance plus importante.
Lorsque la nouvelle de la prise de la capitale parvint à Castel Altitudinis, le moral des défenseurs tomba encore plus bas. La garnison poursuivit néanmoins une défense symbolique jusqu’au 11 mars, date où elle se rendit contre la promesse que la forteresse serait laissée intacte. Les dirigeants de la Grande Alliance acceptèrent, sans leur révéler que maintenir la forteresse intacte afin de s’en servir plus tard faisait partie de leurs impératifs. Le traité de paix fut signé le 16 mars 3009.
L’Orient était tombé.
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MessageSujet: Re: Histoire   Ven 9 Nov - 17:46


Decembre 3009 - Janvier 3010 AS : La Derniere Resistance de Sardon


(Je rappelle à toute fins utiles que la carte des Terres du centre est ici.)

Désormais isolés au milieu de terres contrôlées par leurs ennemis, les derniers alliés de Sardon commencèrent à comprendre qu’ils vivaient peut-être leurs dernières heures, et certains d’entre eux se mirent à lancer des attaques-suicides contre les positions à présent bien défendues du Salivrat, d’Holona, du Sanar Douyouni, du Rashmir, d’Arden, d’Esmirial ou du Pays de Pierre. Nombre des dirigeants des pays ténébreux subsistants se rassemblèrent à Morbarad ou à Celeb Barad, d’autres préparèrent leur fuite comme l’avaient fait le Tyran, Huon et Meliadus.
Cependant, bien que se sachant en position de faiblesse, Sardon ne s’avouait pas perdu. Il continuait tout à la fois à rassembler ses armées en Dor Gauroth et Mobgor, et à lancer des attaques-surprises sur ses voisins, incendiant les campagnes et les villes alentour, frappant là où ses ennemis s’y attendaient le moins, afin de causer le maximum de dommages et de ralentir le plus possible les armées qui il le savait attaqueraient de tous côtés. Il disposait d’un système d’information redoutable qui lui permettait de toujours savoir où ses attaques seraient le plus efficaces, malgré toutes les tentatives de contre-espionnage faites par les peuples de la Grande Alliance, et nul ne savait d’où il tirait ces informations. Démaltir le Théocrate, à la tête du plus grand réseau d’espionnage de Minyador, celui de Tanelorn, se rendit lui-même à ses risques et périls à plusieurs reprises à Morbarad et Celeb Barad afin de découvrir le fin mot de l’histoire, mais n’y parvint pas. Il faudra attendre les Guerres Chaotiques, plus de quarante ans plus tard, pour enfin comprendre le fin mot de l’histoire…

Mais il ne pouvait rien contre le génie militaire du Grand Lumineux et de Loup Solitaire. Bien que se sachant surpassés par le réseau d’espionnage et de contre-espionnage de Sardon, ils maîtrisaient parfaitement l’art militaire et connaissaient les forces et les faiblesses de la défense de Sardon. Ils savaient que prendre Celeb Barad comme Morbarad d’assaut frontal relèverait du suicide – ou de l’exploit. Ils allaient donc chercher à attirer Sardon hors de ses terres en les grignotant par petits bouts. Ils savaient que même si Sardon réussissait à avoir vent de ce plan, il serait incapable d’y résister une fois ses forteresses seules dans une mer d’ennemis.
C’est pourquoi le premier coup fut porté sur le Semhenn. Le Roi-Mage Otharion envoya les armées de Salivrat qu’il gardait en réserve pour cet instant. Le front jourdan (habitants du Semhenn) fut enfoncé le 3 décembre, et une semaine plus tard, Moïsanné disparaissait, provoquant la reddition du pays.
Ce fut le signal de l’assaut généralisé. Alors qu’Otharion poursuivait son avancée irrésistible vers l’Eldor, sous le commandement du Chevalier-Baron et de ses deux lieutenants Comodor et le Mage Bleu, le Pays de Pierre attaqua l’Elwinglad. Ivan Korvanov et Cedwal Moro eurent pour rôle d’assiéger le Mobgor. Beorin de Beorinhagan et les Elfes d’occident dirigés par Linwen, Démaltir et le mage Erenovil, furent placés à proximité du Naur Annon, la porte du Dor Gauroth, appuyés par les puissantes armées d’Immortalitas gouvernées par Loup Solitaire. Les Princes de Métal, dirigés par Sire Almaryan et Arastor, que l’on disait être l’Empereur de Métal qui n’avait finalement pas été vaincu lors des Guerres des Dieux, prirent d’assaut Gandubal, assiégée par les Nains de Tarestar depuis près de quatre ans, appuyés par les ingénieurs mercenaires hobgobelins de Vatocci et les Dragons d’Inglorver. Tarmír II dirigeait les armées elfiques d’Arden sur le Rhûnador, Pip celles de Godorno. Le Grand Lumineux, enfin, dirigea ses troupes paladines d’élites à travers les déserts de Murn pour prendre d’assaut le Dor Gauroth par le sud et encercler le Mobgor.

C’est de l’Eldor que vint la défaite finale de Sardon. Après avoir vu le résultat désastreux de la défense de Semhenn face aux salivriens et voyant ces mêmes armées salivriennes se diriger vers sa frontière, l’Eldor changea de camp sans avoir livré bataille et attaqua l’Elwinglad. Lergwon le Mauvais, que l’on surnomma plus tard l’Opportuniste, pris en tenailles entre les armées du Pays de Pierre et de l’Eldor, préféra encourir la colère de Sardon et signer un traité de paix, plutôt que subir une cuisante défaite. On était au 14 décembre, à peine quatre jours après la chute du Semhenn.
La fin des derniers alliés de Sardon fut très rapide. Attaqués à la fois par le nord, l’ouest et l’est, les Orientaux abandonnèrent nombre de forteresses autrefois prises par Sardon aux Nains d’Esmirial, pour offrir une dernière défense dans leurs capitales d’Eneval et d’Isradan. Au 23 décembre, ces deux forteresses étaient assiégées, la première par les Elfes d’Arden, la seconde par les Esmir. Grande revanche pour ces deux peuples qui avaient eu à souffrir les attaques d’Orientaux depuis des millénaires…
Dans le même temps, Gandubal tombait entre les mains des Princes de Métal et des Dragons. Skorgûsh offrit une brave résistance et parvint même à échapper à Arastor et à Almaryan, et à s’enfuir vers le Dor Gauroth.
Le 24 décembre, les armées d’Holona et d’Ilnar parviennent à accomplir un exploit imprévu en réussissant à s’introduire en Mobgor. Pour la première fois, des hommes libres foulent les terres désolées du fief de Sriganion et Danaan, les grands généraux de Sardon. La nouvelle galvanise les armées de Godorno et des Paladins qui écrasent le gros des armées extérieures de Sardon en Murn. Le Talath Naur est rapidement annexé, sa capitale prise par subterfuge par les armées d’Ilnar.

C’est à ce moment que les dirigeants de la Grande Alliance apprirent que Sardon massait toutes ses troupes au Naur Annon, afin de lancer un dernier et terrible assaut qui risquerait d’anéantir les armées de l’Occident et laisserait les Terres Immortelles démunies face à sa vengeance. Le Seigneur des Ténèbres était loin d’être vaincu…
C’est là qu’eut lieu un exploit qui fut mis en chanson par tous les grands poètes de Minyador. Comment, au terme d’une chevauchée forcée de plusieurs centaines de kilomètres, les Paladins et les Princes de Métal et les Salivriens parvinrent à atteindre le Naur Annon juste alors que la bataille menaçait d’être perdue. Ainsi commença la Bataille du Naur Annon, que l’on appelle aussi Dagorelda, la Bataille de l’Etoile.
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MessageSujet: Re: Histoire   Lun 12 Nov - 17:17




13 - 15 Janvier 3010 AS : Dagorelda


Voici une carte du Dor Gauroth : ici

Le Premier Jour


Le jour se lève sur le Linlad. Un léger brouillard de cendres plane sur la plaine sèche du Lithlad. Au sud, les sommets des volcans jumeaux Anlith et Orod Nienor crachent comme à l’accoutumée de petits panaches de cendres qui se déposent plus au sud dans le Val de Gurthang. Les grandes Portes du Naur Annon, ferment l’étroit col entre les volcans, entrée principale du Dor Gauroth. Des Noréens (habitants du Talath Naur), des Orientaux (habitants de Rhûnador), des Sardoniens (habitants du Dor Gauroth) et des Orques vont et viennent sur le large chemin de ronde, plus de soixante mètres au-dessus de la vallée. Les quatre gigantesques portes de la muraille, chacune assez grande pour laisser passer une armée, sont closes. Des drapeaux marqués des armes de Sardon le Ténébreux, une grande flamme rouge sur fond noir, flottent sur les tours placées à espacement régulier sur le mur de quarante kilomètres de long.
En face, c’est une forêt de bannières qui se tient. Les armées coalisées des Elfes venus des Terres Immortelles, des Immortaliens (habitants d’Immortalitas), des Nains d’Esmirial et des Petereans (habitants du Pays de Pierre) se massent devant la muraille, hors de portée des armes de siège géantes placées sur les murailles. Ces forces ne sont par ailleurs pas démunies et trébuchets, catapultes, scorpions et canons pour la première fois employés dans une bataille sur Minyador émaillent les positions de l’Alliance. Des tranchées ont été creusées et remplies de pieux ou de poix qui sera allumée le moment venu, et une petite palissade se dresse, entourant le camp.
Le matin est calme. Les soldats prennent leurs repas, les sentinelles elfes vigilantes surveillant les Portes et les abords afin que ne soit pas prise par surprise l’armée se massant sous le Naur Annon. Un million d’Elfes, d’Esmir et d’Humains attendent le signal de leurs seigneurs Linwen, Tarostar et Loup Solitaire, qui discutent dans le pavillon central.
Ils viennent d’apprendre que Sardon avait rassemblé ses armées en Val de Gurthang, et que si les renforts qui se sont mis en route n’arrivent pas rapidement, ils sont condamnés. Ils savent que les renforts Salivriens (habitants de Salivrat) menés par Otharion devraient arriver en soirée, mais que les Princes de Métal n’arriveront que le lendemain. Quant aux Paladins de Kasherim Nedrakh, on n’en a aucune nouvelle.
Sardon sait aussi bien qu’eux que le temps lui est compté, et portera certainement son attaque le jour-même, avant que les Salivriens ne se soient remis de leur marche forcée à travers les Steppes Tertares. L’inquiétude sourde donc parmi les dirigeants et généraux de la Grande Alliance.

Puis vers midi, un grondement fait trembler le sol et les sentinelles elfes poussent un cri d’alerte : les quatre portes du Naur Annon viennent de s’ouvrir, et chacune crache une horde innombrable d’Orques, d’Humains et d’Elfes renégats. Aussitôt, les machines de guerre de l’armée de la Grande Alliance se mettent à riposter, et rochers, boulets et carreuax géants tracent de longues traînées de cadavres dans les rangs des Sardoniens. Mais les légions noires sont innombrables et poursuivent leur implacable avancée vers les défenses érigées à la hâte de l’Alliance. Un instant, une volée de flèches obscurcit le ciel, et chevaux et cavaliers s’écroulent. Ligne après ligne, la charge de la cavalerie ennemie fond sous les flèches des Elfes Sylvains, mais chaque ligne s’arrête un peu plus loin que la précédente.
La charge de cavalerie ennemie finit par atteindre les fosses camouflées garnies de pieux et nombre de cavaliers s’y empalent, tandis que les flèches, boulets et carreaux géants continuent à pleuvoir sur les lignes ténébreuses. Cependant les archers ennemis prennent à leur tour place et lâchent un déluge de projectiles sur les défenseurs. Malgré la protection offerte par les grands boucliers de siège, nombre des défenseurs sont atteints, et l’échange de projectiles se ralentit.
L’infanterie ténébreuse avance alors à son tour, protégée par de grands boucliers, et entreprend de reboucher les tranchées défensives de la Grande Alliance. Malgré le tir nourri des défenseurs, celle-ci progresse peu à peu, suivie par la cavalerie et les archers. Le feu est bouté aux tranchées emplies de poix, emportant des centaines de soldats à chaque fois, mais les armées de Sardon reviennent à chaque fois plus nombreuses. Vers deux heures de l’après-midi, la dernière tranchée est bouchée. Les lignes ennemies s’écartent brutalement, et la cavalerie Orientale et Noréenne fond sur le mur de boucliers de siège. Cependant les longues hallebardes des Immortaliens et la pluie de projectiles les accueillent et la charge meurt sur les défenses de l’Alliance.
Alors un déluge de projectiles enflammés s’abat sur les lignes de l’Alliance. Des engins de siège sardoniens ont pris place et projettent leurs boulets et carreaux enduits de poix enflammée sur la palissade et les positions ennemies. Bientôt, le champ de bataille est recouvert d’une épaisse fumée noire qui empêche les archers des deux camps de viser correctement. L’après-midi s’écoule progressivement , mais les armées de l’Alliance sont à présent forcées de céder du terrain face à l’implacable marée de soldats de Sardon.
Lorsque le soleil se couche, une question se pose sur toutes les bouches des défenseurs : que font les Salivriens ? Depuis deux heures déjà ils sont attendus pour relayer les soldats immortaliens épuisés à force de manier la hallebarde et l’épée, les archers elfiques commençant à manquer de projectiles et les Nains, partout présents avec leurs haches et leurs marteaux pour stopper les fantassins orques et sardoniens.

Du haut de ses tours où il assiste à la bataille, Sardon ricane. Tout se déroule selon ses plans. Les Salivriens ont été retardés ou éliminés par l’armée qu’il a fait sortir de Minas Dorgil, les Paladins ne sont pas près d’arriver, cloués à cent kilomètres de là par la cavalerie légère mobile des Orientaux, et les Princes de Métal sont encore à deux jours de marche forcée. Il sait que du haut de Celeb Barad, Sriganion et Danaan maîtrisent la situation, que les Elfes et les Nains sur ses flancs est sont toujours au pied des forteresses d’Isradan, Eneval et Rhûn. Et il est loin d’avoir engagé toutes ses forces. Désormais la victoire ne peut lui échapper.
C’est à présent par centaines que les soldats de l’Alliance tombent comme les blés sous la faux de la Mort, et Sardon commence à s’interroger sur la manière dont il finira Loup Solitaire, Tarostar et Linwen. Peut-être les défiera t’il dans un combat qu’il est certain de gagner. Ou alors leur fera t’il endurer les tourments de Morbarad. Il ne sait pas encore quoi choisir, mais il sait cependant que ce jour connaîtra enfin sa revanche sur ses vieux ennemis.

C’est alors que retentit de l’ouest un cor de guerre, son qui se répercute sur les montagnes et les murs dans un grondement assourdissant. Malédiction ! Les Salivriens ont échappé à son piège !

Telle une marée d’acier, les troupes salivriennes déferlèrent sur celles de Sardon. Les cris de douleur emplirent le champ de bataille, et l’air se mêla de sang et de poussière alors que la cavalerie d’Otharion traversait telle une lame chauffée à blanc les noires légions du Seigneur des Ténèbres. Celui-ci voit la victoire lui échapper, et décide de faire donner ses premières troupes de réserve. Il est cependant trop tard, ses armées sont piégées, prises entre deux feux, et une troupe de soldats salivriens armée de haches est en train de réduire en cure-dents les engins de siège que Sardon a fait sortir des murs.

Mais celui-ci n’avait pas dit son dernier mot.

Sur son ordre, les gigantesques machines de guerre cachées derrière les Portes se mirent en action, libérant d’énormes projectiles enflammés sur ses ennemis. Sardon touchait aussi ses troupes encore à l’extérieur, mais peu lui importait. Il se moquait des pertes, l’armée de réserve qu’il gardait derrière ses murs était dix fois plus nombreuse. Au contraire, les rares poches de résistance que formaient ses troupes empêchaient ses adversaires de se replier, les forçant à ralentir pour se battre.
La cavalerie salivrienne parvint cependant à refluer en ordre, et à rejoindre les lignes immortaliennes durement éprouvées, hors de la portée des terribles engins de Sardon. La nuit tomba sur le champ de bataille couvert de cadavres des deux armées. De proche en proche, des feux finissaient de se consumer, éclairant le spectacle macabre. Dans les deux camps, on tint conseil.

Sardon était inquiet. Il n’avait aucune nouvelle de l’armée de Minas Dorgil, qui aurait pourtant dû empêcher les Salivriens de joindre le champ de bataille à temps. Il avait le pouvoir de vaincre ses ennemis séparément, mais s’ils se réunissaient son travail serait beaucoup plus difficile. Ses espions lui annonçaient de plus l’arrivée prochaine des Princes de Métal qui avaient entamé une marche forcée à travers les plaines de Linlad. On les disait à moins d’une journée des Portes. Si l’armée de Minas Dorgil avait été anéantie, l’affaire se présentait mal pour le Seigneur des Ténèbres. Il savait que les Princes de Métal étaient des adversaires redoutables, autrement plus dangereux pour lui que ces stupides salivriens, bien qu’ils n’aient pas le dixième de leur puissance d’antan. Il devait vaincre les deux ennemis avant le midi du lendemain, sinon, à moins que l’armée de Minas Dorgil n’arrive, il serait condamné.

Ses adversaires s’inquiétaient également. Ils savaient que les Princes de Métal avaient du retard, et Otharion leur avait révélé que les troupes de Minas Dorgil étaient sur ses traces, qu’il les avait contournées à l’aide de la flotte d’Elwinglad que Lergwon avait mis à sa disposition, mais il savait qu’ils étaient suivis. Ils étaient surtout inquiets car ils pensaient que Sardon était au courant de cet état de fait, et n’avaient aucune nouvelle du Grand Lumineux et des Paladins. Ils supposaient donc que Sardon les prendrait en tenailles entre ses deux armées à l’aube, et donc firent donner l’ordre à leurs troupes de se reposer en prévision d’une attaque au petit matin, et de ne laisser qu’une garde réduite pour la nuit.

Ce qui expliqua pourquoi l’assaut nocturne de Sardon prit totalement par surprise les armées de l’Alliance.


Dernière édition par Lord Darkmore le Sam 12 Avr - 14:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Histoire   Mar 20 Nov - 13:15

La Premiere Nuit


Après mûre réflexion, Sardon avait en effet décidé d’attaquer de nuit. Ne sachant pas s’il pouvait ou non compter sur l’armée de Minas Dorgil, il avait préféré tout miser dans un grand assaut nocturne plutôt que d’attendre d’éventuels renforts qui pourraient ne jamais arriver. Il était pris par le temps, les Princes de Métal seraient là le soir, voire peut-être même avant s’ils forçaient l’allure. Il fallait donc attaquer avant qu’il ne soit trop tard.

A nouveau le Naur Annon s’ouvrit en grand, déversant des nuées d’Orques et d’Humains renégats, d’engins de guerre et de cavaliers. Des milliers de fantassins et d’archers protégés par de lourds boucliers s’avancèrent vers les tranchées à présent comblées par les cadavres de la veille, portant des torches qui illuminèrent tout le champ de bataille en poussant des cris de guerre.
Ce fut ce qui perdit Sardon. Pensant trouver des ennemis prêts à l’accueillir les armes à la main, il avait préféré miser sur la puissance que sur la discrétion. Il aurait envoyé ses Silencieux, le sort de la bataille et l’avenir de Minyador en eût été changé. Mais il ne pouvait savoir que ses ennemis ne s’attendaient pas à cet assaut nocturne.

Des cris d’alarme retentirent partout dans le camp des défenseurs, mais les cavaliers de l’Ennemi étaient presque sur les premières lignes des défenseurs lorsque les Alliés commencèrent à s’organiser. Les soldats des premières lignes se firent balayer, et la cavalerie de Sardon parvint presque à atteindre le centre du camp avant d’être stoppée par les hallebardiers de l’Alliance.
C’était une catastrophe. La charge de la cavalerie ténébreuse avait creusé un grand trou dans les défenses, par lequel à présent les fantassins lourds s’engouffraient, tuant tous ceux qui se tenaient encore sur leur passage, Elfes, Nains ou Humains.
Mais alors que les premiers engins de défense de l’Alliance se mettaient enfin en mouvement et que la cavalerie salivrienne, qui avait établi son camp un peu à l’écart, rétablissait sa formation, une ligne de défenseurs commença à ralentir l’implacable avancée. D’abord elle se fit balayer, puis elle ralentit l’infanterie ennemie jusqu’à la stopper. Les archers elfiques firent à nouveau pleuvoir un déluge de traits sur la cavalerie ennemie qui fondit, rang après rang, avant de se retirer pour laisser place à l’infanterie orque lourde derrière ses lourds pavois. Mais Loup Solitaire donna ordre à ses catapultes de faire feu et les blocs de rocher tracèrent de larges sillons dans les légions ténébreuses.
Une nouvelle fois les troupes de Sardon refluèrent, laissant le temps aux terrassiers nains de creuser de nouvelles tranchées qui furent remplies de naphte et d’établir une nouvelle palissade de défense. Les engins de Sardon firent à leur tour pleuvoir une pluie de projectiles sur ces fragiles défenses, mais à chaque fois qu’une brèche apparaissait, par laquelle s’engouffrait aussitôt les soldats de l’Ennemi, la défense tint bon et la nuit s’avança.

Mais Loup Solitaire s’inquiétait de la présence sur son flanc ouest de l’armée de Minas Dorgil qui s’approchait peu à peu, et craignait que l’irruption de ces troupes ténébreuses fraîches fasse pencher la balance de la bataille en faveur de Sardon.
Alors qu’un nouvel assaut depuis le Naur Annon refluait, il prit la décision risquée de scinder ses troupes en deux, la moitié d’entre elles étant chargées de retenir au maximum l’armée de Minas Dorgil en attendant la venue des Princes de Métal, dont les puissantes machines de guerre permettraient probablement de prendre l’avantage. Cette manœuvre était cependant osée car elle laisserait le camp avec une garnison réduite, ce qui, si Sardon donnait l’ordre de lancer un assaut généralisé, causerait la défaite de l’Alliance. Il envoya d’abord trois messagers de confiance, montés sur des laentir, pour voir où en étaient les renforts menés par Arastor. Puis il envoya une troupe composée de différents éléments de son armée — afin de garder une proportion identique de soldats de chaque armée dans le camp pour ne pas éveiller les soupçons de Sardon — à la rencontre de l’Armée de Minas Dorgil. C’est à ce moment-là que les historiens pensent que le Seigneur de la Lumière dut le plus regretter que l’emploi de magie pour communiquer ou déplacer plus rapidement les troupes fût dangereux en raison de la nature chaotique des champs magiques due aux pouvoirs ténébreux des mages de Sardon. Certes, le maintien de ce bouclier chaotique empêchait les mages ténébreux de faire appel à d’autres pouvoirs, mais à quel prix pour les Alliés ! En effet, Loup Solitaire n’avait en conséquence aucun moyen fiable de communiquer avec le Grand Lumineux, qui était sans conteste le meilleur stratège de l’Alliance, mais qui était coincé avec le reste des Paladins par la cavalerie légère d’Ángris-Khân, chef Oriental redouté, quelque part plus à l’est. Ah, que la cavalerie et l’infanterie lourdes paladines auraient été plus utiles ici !

Cependant du haut des tours du Naur Annon, Sardon se réjouissait. Ses éclaireurs lui avaient enfin rapporté l’approche de son armée occidentale. Il n’avait qu’à attendre et écraser ses ennemis entre ses deux armées. Même si les Princes de Métal arrivaient et se joignaient à la bataille, il avait les moyens de gagner la guerre. Il lui suffisait simplement de saper le moral de ses ennemis déjà engagés, et pour cela il disposait d’une arme de choix : la peur.

Il ne se pressa pas, oh non. Au contraire, il multiplia les fausses alertes, les Portes s’ouvrant parfois pour une armée, parfois uniquement pour quelques soldats. Mais derrière le Naur Annon, il se préparait. La fin de la nuit approchait, et ses Silencieux étaient en pleine activité sur le champ couvert de cadavres séparant les défenses du Dor Gauroth des positions de l’Alliance, ombres noires à peine discernables dans la fumée et la poussière même pour les yeux elfiques …

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MessageSujet: Re: Histoire   Mar 20 Nov - 13:16

Le Second Jour



Puis le soleil jaillit au-dessus des sommets de l’Ered Dûr, et tout devint silencieux. Le bruit du vent remplaça le fracas des lames et des engins de siège, et la poussière retomba peu à peu, révélant un champ de bataille désert. Çà et là, quelques feux finissaient de se consumer, des bannières déchirées flottaient au vent, des hampes de lances, des boucliers et des flèches brisés émergeaient de l’étendue de cendres séparant les deux armées.
Le Naur Annon était fermé, les noirs oriflammes de Sardon claquant au sommet de chaque tour faisant face aux bannières vertes, blanches, rouges et bleues des Elfes, Immortaliens, Esmir et Salivriens. Autour des positions de l’Alliance s’activait une armée de terrassiers nains chargée de renforcer les palissades, de vider les tranchées et de les remplir à nouveau de pieux, de naphte et de rochers coupants.
Mais Sardon ne faisait plus mine d’attaquer. Les Alliés en profitèrent pour étendre les tranchées vers l’ouest, et l’écho des pioches emplit la vallée. Puis une compagnie de cavaliers dirigée par Loup Solitaire en personne s’avança.

« Que le Seigneur des Ténèbres s’avance ! Justice lui sera rendue ! »

Mais seul le vent lui répondit.

« Qu’il sache qu’il n’a aucun espoir de victoire en ce jour, que ceux qui se rendront de leur plein gré se verront pardonnés si leur repentir est sincère. Mais pour ceux qui continueront à perpétrer de telles atrocités, la Mort sera la seule sentence ! »

Aucune réponse ne fut donnée à la provocation, et Loup Solitaire, après de longs instants, reprit la parole.

« Si tel est votre choix, alors votre fin sera rapide. Sachez, Sardon, que votre défaite est acquise. Partout sur Minyador les Peuples Libres s’assemblent pour votre perte. Voyez, au Nord, les légions d’Arastor, qui sont maintenant en vue. Voyez, à l’Ouest, voguer la flotte d’Haar de la Montagne aux Ecritures. Voyez, à l’Est, venir les forces de Godorno, Krysmaldra et du Xewign. Voyez, au Sud, vos forteresses de Mobgor et de Talath Naur tomber l’une après l’autre entre les mains des Holonars et des Helvins. Salut, Seigneur des Ténèbres, et adieu. »

Les émissaires se retirèrent alors, alors que la clameur de milliers de chevaux, de pieds ferrés et le grondement des engins de guerre apparaissait au loin. Les troupes de l’Empire de Métal arrivaient.
Mais les portes du Naur Annon restaient closes. Le seul mouvement discernable sur les murs était le va-et-vient des sentinelles, plus de cent cinquante pieds au-dessus de la plaine couverte de cendres. Les engins et les troupes d’Arastor se mirent en place. Lourds mangonneaux, trébuchets, hautes tours de siège et solides béliers, défendus par des légions de chevaliers bardés de métal et manipulés par de nombreux soldats et ingénieurs aux couleurs de l’Empire. Derrière se rassemblait un nombre conséquent de mages, qui seraient capables de faire obstacle aux vents chaotiques des sorciers sardoniens. La vallée était à présent couverte de bannières flottant au vent.
Puis vers midi, un nouveau groupe d’émissaires s’avança vers les Portes. Aux bannières de l’Immortalitas, de l’Esmirial, des Terres Immortelles et du Salivrat s’étaient à présent jointes celles de l’Empereur de Métal. Celui-ci, une fois arrivé à un jet de flèche des Portes, saisit son cor et en sonna une note qui résonna dans l’air de la froide journée d’hiver. Mais ce fut Loup Solitaire qui prit à nouveau la parole.

« Pour la dernière fois, nous vous sommons de vous rendre. Cette effusion de sang doit cesser. Ne croyez pas vaincre ainsi, toutes les forces de l’Alliance sont en train de réduire vos dernières places-fortes à néant. Tôt ou tard Morbarad elle-même sera assiégée et prise. Vous le savez, Sardon. Que vous vous rendiez ou non, vous avez perdu. Vous rendre limitera la quantité de sang versé dans ces batailles ineptes. De plus vous pourrez atteindre à la rédemption ce faisant, alors que continuer à vous battre ne pourra qu’entériner la haine des Peuples Libres de Minyador contre vous. Nombre de vos anciens lieutenants l’ont compris, tels les Grands Amiraux de Xewign ou le Roi-Sorcier. Ensemble nous pouvons reconstruire un monde où la charrue remplacera l’épée, où la vie remplacera la mort. Mais pour cela, vous devez cesser cette guerre. »

L’on dit que Sardon éprouva réellement du remords en entendant ces paroles. Mais il était déjà allé trop loin, et quelques jours plus tôt dans la sombre tour de Morbarad, il avait vu en rêve l’avenir de Minyador, et savait que tout n’était pas perdu pour lui. En cet instant furent posées les premières pierres des Guerres Chaotiques… Mais nul, pas même lui, ne se doutait quelle serait la portée de ces décisions. C’est pourquoi il donna enfin sa réponse. Un claquement retentit, et un boulet unique jaillit de derrière la muraille pour frapper le groupe de plénipotentiaires, tuant net Keryan Moro, le frère de Cedwal, et plusieurs autres personnages importants dont les noms ne seront pas donnés ici, par souci de simplification.
Sardon venait de sceller son destin… Du moins le semblait-il.

Alors que les émissaires se retiraient vers leurs lignes, certains d’entre eux retenant ceux qui n’avaient été que blessés par le boulet, un concert de grincements et de claquements retentit, et une pluie de projectiles tomba sur ceux-ci ainsi que sur les premières lignes de l’Alliance. Ceux qui regardèrent ces projectiles poussèrent des cris d’horreur, car il s’agissait des têtes de tous ceux qui avaient été tués depuis le début du Dagorelda. Puis la pluie horrible s’arrêta un instant, hormis pour deux seules têtes qui firent une longue parabole avant de finir entre les pattes du cheval de Loup Solitaire. Le sang de celui-ci ne fit qu’un tour lorsqu’il reconnut les visages de Cedwal Moro et d’Ivan Korvanov. Alors la voix de Sardon s’éleva par-dessus ses murailles.

« Je suis vaincu, dites-vous ? Mais dites-moi, pauvres mortels, pourquoi ces hommes et toute leur armée ont été écrasés sous les murs de Celeb Barad ? »

Puis une seconde tête alla à nouveau rouler dans les lignes de l’Alliance. C’était celle du général salivrien qui avait reçu la charge de retenir l’armée de Minas Dorgil.

« Et vous devriez éviter d’envoyer d’aussi bons généraux à une mort certaine. Enfin si la mort est votre choix… »

Sur ce, un gigantesque glas retentit, et les sombres Portes du Naur Annon s’ouvrirent en grand, vomissant des légions entières de formes ténébreuses entourées par des milliers d’orques et d’humains. Au même instant, le son d’un cor retentit à l’ouest, et les premières lignes de l’armée de Minas Dorgil apparurent de derrière la dernière rangée de collines. Mais ce ne fut pas le seul cor à répondre. Du nord-est retentit soudain le fracas de milliers de sabots, et une armée d’Orientaux fondit sur les arrières des armées de l’Alliance.
Le moral des soldats, déjà durement éprouvé par la nouvelle de la mort de Cedwal et d’Ivan, flancha encore plus, et plusieurs compagnies, notamment celles venues du Beorinhagan, abandonnèrent leurs positions, cherchant le salut dans la fuite. Les troupes d’Immortalitas, de Salivrat, de l’Empire de Métal, d’Esmirial et des Terres Immortelles gardèrent cependant leurs positions, se rassemblant autour de leurs seigneurs.
Les machines de guerre de l’Empire furent les premières à entrer en action. Les énormes trébuchets, mangonneaux et scorpions lourds envoyèrent leurs lourds boulets et carreaux géants sur les formes ténébreuses, mais cela ne sembla rien leur faire, les Ombres cauchemardesques poursuivirent leur implacable avancée. Les Princes de Métal redirigèrent donc leurs tirs sur les murs du Naur Annon et sur les soldats humains et orques. Cependant ceux-ci ne semblèrent pas plus souffrir que les infâmes Ombres.
Loup Solitaire et ses Mages décidèrent alors de tenter le tout pour le tout et de braver les vents de magie chaotique que Sardon leur envoyait. Aidés par la puissante magie des Princes de Métal, ils rassemblèrent leur énergie pour former un puissant contre-charme. Malheureusement, leur sort échoua t’il, ou bien cette protection était-elle inhérente à ces cauchemars de l’au-delà, toujours est-il que lorsque le sort se déclencha, seules les créatures sardoniennes qui étaient à une relativement grande distance de ces Choses devinrent vulnérables. Les machines de l’Empire durent alors se résoudre à bombarder les légions de Minas Dorgil et les murailles du Naur Annon, les Orientaux étant trop mobiles.

Le premier contact se fit avec les cavaliers Orientaux. Bien entraînés, les hallebardiers immortaliens surent stopper les premières lignes, mais les cavaliers chargeaient toujours plus nombreux, et finirent par percer le premier front de défenseurs, avant de s’empaler sur la seconde ligne de lances.
Au même instant, les troupes de Minas Dorgil, bien que décimées par les balistes et mangonneaux, atteignaient les premières tranchées piégées, où furent envoyées des flèches enflammées. Le naphte s’embrasa instantanément, et la charge de l’infanterie de Minas Dorgil se brisa sous un déluge de flèches.
A ce moment-là, les armées du Naur Annon atteignirent elles aussi les fosses emplies de naphte, mais l’horreur se lut sur les visages des soldats de l’Alliance lorsque contrairement à celles de Minas Dorgil, les flammes et les flèches ne semblèrent causer aucun dommage aux soldats voisins des horribles Ombres, et l’avancée implacable se poursuivit. Les Orques et les humains renégats poussèrent des cris de triomphe, et la peur commença à sourdre dans les rangs de leurs ennemis. Les premières lignes finirent par atteindre les palissades où les attendaient lanciers et guerriers, des échelles innombrables furent dressées, et le corps à corps commença.
Heureusement pour les soldats de l’Alliance, la protection donnée par les Ombres sembla ne pas résister aux lames sanctifiées des Hauts Humains et aux haches runiques des Esmir, mais l’espoir retomba lorsque la première des Ombres monta sur la palissade. Un jeune soldat voulut la frapper de son épée, mais au moment où sa lame traversa de part en part la chose, il eut un hoquet et s’effondra en se tordant de douleur dans son armure qui se mit instantanément à fondre, alors que l’Ombre, nullement incommodée, s’avançait vers un groupe de soldats elfiques qui recula instinctivement au vu de ce spectacle. Alors Sardon envoya alors une nouvelle salve de têtes tranchées pour parachever la chute de moral ennemie.

Soudain le sol trembla, les volcans Anlith et Orod Nienor, entourant le Naur Annon, crachèrent de grands nuages de cendres qui obscurcirent la lueur du soleil, et Sardon parut.

Grande forme sombre bardée de métal inspirant une terreur terrible juchée sur un cavale crachant flammes et fumée, il vint pour affronter les champions de la Lumière. A cette vue tous tremblèrent et reculèrent, tandis que ses légions, galvanisées, se jetaient avec une fureur décuplée sur celles de l’Alliance.

[A suivre : la fin de Dagorelda...]

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MessageSujet: Re: Histoire   Mar 1 Avr - 17:28

La Fin d’Erenov



Sardon s’avança vers les lignes de l’Alliance, et tous fuirent devant la terreur qu’il inspirait. Il s’avança, insoucieux des flèches et des carreaux qui pleuvaient à présent autour de lui. Par dizaines les soldats d’Immortalitas, de Salivrat et des Terres Immortelles tombaient sous sa lame noire, la terrible Moranket. Rien ne semblait entraver sa progression. Et derrière lui, ses noires légions se pressaient, avides de fouler une terre purifiée des derniers seigneurs de la Lumière. Ailleurs, les Ombres progressaient, semant mort et destruction dans les rangs des défenseurs.
Mais Loup Solitaire et ses généraux ne restaient point inactifs, loin de là. Les fronts des Orientaux et de Minas Dorgil étaient contenus par la défense solide des humains et des Nains, et les mages de l’Alliance étaient prêts à présent. Ils n’attendaient plus que le signal de leurs seigneurs.

Cependant une inquiétude subsistait dans chacun des camps. Qu’étaient devenus les Paladins ? Les armées de l’Alliance craignaient en effet que l’arrivée des Orientaux soit le signe de leur défaite, mais Sardon savait ce qu’il en était réellement. Il avait fait rompre le harcèlement des Orientaux afin d’encercler totalement les Alliés, mais cette manœuvre comportait un certain nombre de risques. Il avait compté sur la vitesse de la cavalerie pour achever rapidement les Immortaliens et les Princes de Métal avant l’arrivée des Paladins, mais il savait que ses chances de victoire seraient fortement réduites si les Paladins parvenaient à atteindre le théâtre des combats avant sa victoire. C’était son dernier coup de bluff, et il espérait que celui-ci réussirait.

Alors une sonnerie de trompe claire retentit depuis le pavillon des généraux de l’Alliance, et de minces jets de lumière jaillirent des paumes des mages de l’Alliance, allant frapper les Ombres et Sardon. Sardon ne sembla en éprouver aucun inconfort, mais ce ne fut pas le cas pour ses créatures qui se dématérialisèrent en grand nombre.
Sardon ne riait plus. Il leva son arme, et des flammes coururent sur la lame. Le sol trembla à nouveau, et s’ouvrit entre les rangs de l’armée de l’Alliance, engloutissant nombre de soldats et mages hurlants. Puis le Seigneur Noir reprit son avancée implacable, traçant une large traînée de cadavres dans les lignes adverses. Tendant son poing, il pulvérisa la palissade et entra dans le camp de l’Alliance.

Aussitôt, une légion entière de Princes de Métal se porta à sa rencontre, armes au clair. Cent soldats bardés d’acier, tenant de lourdes flamberges et masses d’armes. Sardon eut un ricanement, et frappa. Dix Princes de Métal périssaient à chaque coup, et leurs coups ne semblaient rien faire au Seigneur Noir de Dor Gauroth. Les cent guerriers ne faisaient pas le poids. Sardon continua à avancer, suivi par ses soldats assoiffés de sang.
Puis ce fut au tour de quinze mages Oïfënians, menés par le puissant mage Erenov, d’affronter le puissant personnage. Seize sorts d’une inconcevable puissance frappèrent le Seigneur des Ténèbres. Toute vie fut balayée dans un rayon de quinze mètres autour du sombre personnage, et Sardon chuta à terre. Des vivats s’élevèrent des lignes de l’Alliance, mais les cris de joie moururent sur les lèvres lorsque Sardon se releva, apparemment indemne. Il tendit sa main gantée de métal, et un mage périt, sa vie absorbée hors de son corps. Les quinze survivants ripostèrent aussitôt, et des flammes blanches entourèrent le Seigneur Noir. Le sol fondit instantanément sous celui-ci, et il retomba à genoux. Son armure vira au blanc et se mit à fumer, mais Sardon eut un geste de la main, et les flammes furent soufflées en un instant, ainsi que la vie de huit autres mages, et il reprit son avancée vers les Oïfënians. La peur se vit dans les yeux de ceux-ci, et même Erenov parut ébranlé. Le sortilège était l’un des plus puissants qui soient, et Sardon ne semblait avoir subi aucun dommage. Seule son armure avait légèrement souffert, montrant ça et là des bosselures. Et Sardon draina à nouveau la vie de plusieurs mages.
C’en fut trop pour deux des survivants qui prirent la fuite. Seuls, Erenov et son fils Erenovil firent encore face au Seigneur des Ténèbres. Alors Erenov dit à son fils :

« Erenovil, mon fils, ce sera mon dernier combat, je le sens. Pars avec les Armes des Enchanteurs, et tente de les préserver de la haine de Sardon. Sauve ce qui peut l’être de l’esprit de la Lumière. Va. »

Et Erenovil partit, laissant son père seul face au tyran de Dor Gauroth.

« Erenov », fit Sardon. « Depuis le temps que j’attendais ce moment…
— Moi de même, Ennemi de la Lumière. Salut, Seigneur des Ténèbres, et adieu. »

On assista alors au plus grand combat de magie qui eut lieu depuis l’Age du Chaos. Des sortilèges d’une puissance inconcevable traversèrent l’espace entre les deux protagonistes. L’air se chargea d’une énergie mortelle, et l’Æther même se tordit, utilisé comme arme par l’un comme l’autre. Une bulle de magie se forma peu à peu autour des deux combattants, rendant difficile à distinguer ceux-ci.
Autour d’eux, tout mouvement s’était immobilisé. De ci de là résonnaient les cris des mourants, mais sinon tous les affrontements avaient laissé place à un silence de mort. Tous attendaient le résultat de ce combat titanesque entre deux des plus puissants mages minyadoriens.
Les minutes s’égrenèrent, et peu à peu il apparut que chacun des deux avait une technique de combat différente. Erenov multipliait les sorts de défense avec effet de riposte élémentale, tandis que son ennemi employait des sorts agissant sur l’esprit, comme purent ensuite en témoigner certains des survivants des zones voisines, qui étaient parfois frappés en retour par des sorts déviés sur les barrières du mage. Mais peu à peu il devenait évident qu’Erenov faiblissait. Son front se couvrait de sueur – chose très rare chez les Oïfënians – et les spectateurs voyaient à présent ses défenses repoussées peu à peu par les sorts que le Prince des Ténèbres semblait lancer nonchalamment, comme si pour lui ce n’était qu’un jeu que de combattre le mage.
Puis soudain, Sardon prononça ces quelques mots :

« Bon, tu m’as assez amusé comme ça. »

Un éclair d’un noir tellement intense qu’il resta en image rémanente sur la rétine de tous pendant plusieurs minutes jaillit de la paume gantée de métal du Seigneur des Ténèbres, traversant tel une arme chauffée à blanc les défenses magiques d’Erenov pour en frapper le mage et creuser un large cratère derrière celui-ci. Erenov regarda son ennemi et dit quelque chose que nul autre que Sardon n’entendit. Puis il ferma les yeux et disparut en fumée.

Ainsi périt l’un des plus grands mages qui ait jamais foulé la surface de Minyador.

[A suivre ...]

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MessageSujet: Re: Histoire   Sam 23 Aoû - 18:49

La Derniere Bataille de Sardon


Le silence qui tomba alors sur le champ de bataille fut assourdissant. L’un des plus grands champions de la Lumière venait de tomber. A cette vue, les Alliés reculèrent, car la peur était désormais dans leurs cœurs. Ils portaient en effet tous leurs espoirs dans la victoire du Mage. Sa défaite ne montrait que trop bien la tout-puissance du Seigneur des Ténèbres. Certains se remémorèrent l’unique fois où Sardon avait été vaincu, lorsque Tar-Valar défit ses armées du temps de l’hégémonie atlantaëïenne… Et ils se souvinrent que jamais Sardon lui-même ne s’était battu à ce moment-là. Il s’était rendu sans combattre, par peur semblait-il, mais il s’était avéré que c’était uniquement un subterfuge pour provoquer la chute de l’Empire. Ainsi Sardon ne pouvait-il donc être vaincu ?

Le Seigneur des Ténèbres fixa son regard sur les armées qui lui faisaient face, et vit le reflet de la peur dans les yeux de ses ennemis. Alors dans le silence presque total qui avait suivi la chute d’Erenov s’éleva un rire tonitruant, un rire dément qui fit frissonner et reculer jusqu’au dernier rang des armées de l’Alliance.

« Pauvres mortels, vous comprenez enfin qu’il n’est pas de victoire contre mon pouvoir ! » fit-il. Ragaillardies, ses légions ténébreuses se pressèrent derrière sa forme sombre, prêtes à fondre sur les forces démoralisées de l’Alliance. Il leva haut son bras, et les ténèbres descendirent comme des flammes le long de la sombre Moranket. Puis il pointa son arme vers les rangs de ses ennemis, et une cloche retentit dans les tours des Portes. Alors ses armées d’humains, orques, trolls et horreurs infernales se pressèrent à nouveau en avant, avides d’en finir avec ceux qu’ils haïssaient.
Nombreux furent ceux qui rompirent les rangs parmi les humains et les elfes, cependant, les Princes demeurèrent inébranlables et ce furent eux qui essuyèrent le premier assaut. Le son des lames s’entrechoquant et les cris des blessés emplirent à nouveau l’air chargé de poussière. Alors le Seigneur des Ténèbres s’avança à nouveau, puis leva à nouveau son épée noire, et la cloche des Portes retentit encore. Les troupes de Sardon reculèrent une nouvelle fois, et voilà que l’on s’aperçut que le théâtre des combats était couvert d’armures de Princes tandis que les forces de Sardon ne semblaient avoir subi aucun dommage. Alors le Seigneur des Ténèbres parla à nouveau, cette fois d’une voix terriblement enjôleuse.

« Je vous laisse une dernière chance, Princes. Ralliez-vous à moi, et vous serez récompensés. Défiez-moi encore et ce sera la fin définitive de votre Empire. »

Dans les yeux des Alliés se lut la peur d’une collusion entre l’Empire et Sardon. Mais Arastor s’avança alors, et les rangs de l’Alliance s’ouvrirent pour laisser passer l’Empereur de Métal monté sur son Seigneur Drake de l’Ombre, la grande Carchanga.

« Sardon, vos paroles sont du poison. Par trois fois vous avez trahi l’Empire. Jamais plus mes Princes ne se mettront à votre service. » dit Arastor.

Cependant, les yeux de nombre de ses sbires, passant successivement des nombreuses armures vides qui avaient été leurs compagnons à leur seigneur, semblaient dire toute autre chose, et l’Empereur y lut la haine et la trahison. Cependant il ne se démonta point, et fixa à nouveau le Seigneur des Ténèbres.

« Et ce ne sont point tes illusions qui y changeront quelque chose ! »

Il fit un signe de la main, et le sortilège d’illusion se dissipa, montrant le champ de bataille tel qu’il était réellement : couvert non seulement de cadavres Methralkyn, elfiques et humains, mais également de maints suppôts du Seigneur des Ténèbres.

Sardon ne riait plus, et ce fut dans un sifflement de haine qu’il répondit :

« Ainsi donc tu as choisi la voie de la souffrance et de la mort, misérable Prince. J’aurais cru que tu montrerais plus de sagesse. »

Il s’avança vers le Prince monté, et ce faisant l’ombre autour de lui parut grandir démesurément. Carchanga rugit et bondit en avant, mais rencontra l’épée nimbée de flammes noires du Seigneur des Ténèbres. Le grand Drake poussa un hurlement de haine et de douleur, et un jet de flammes blanches jaillit de sa gueule pour atteindre Sardon. Cependant, comme lorsque celui-ci avait été frappé par le sortilège oïfënian, il se releva sans dommage, et Moranket se leva et s’abaissa à nouveau, séparant la tête du cou de la dragonne. Une déflagration de lumière et de son telle qu’elle frappa momentanément de cécité et de surdité les protagonistes des deux armées s’ensuivit aussitôt, ce qui empêcha de savoir réellement ce qu’il s’était passé en détail durant la minute suivante. Ce fut Arastor qui fit connaître les événements qui suivirent la mort de sa monture ailée :

« Ni Sardon ni moi n’avons été aveuglés lors de la mort de Carchanga, » expliqua-t-il plus tard. « Ce voyant, il ne put comme il eût probablement voulu le faire semer la mort parmi nos lignes, car je l’en empêchais. Bien que j’eus été comme lui grièvement brûlé, nous nous relevâmes, et dégainant Naraglar, ma lame enchantée, je fis face au Seigneur Noir.
« Nous restâmes à nous fixer de longs instants, puis le combat commença. Jamais je n’avais eu à faire avec aussi forte partie, et il n’est pas certain que j’eusse pu le vaincre. Il était rapide comme un serpent, et sa lame maudite me glaçait à chaque fois qu’elle me frôlait, tout comme il tressaillait chaque fois que je l’atteignais avec Naraglar.
« Nous employions tout aussi bien des formes de combat magique que physique, mais il semblait ne pas désirer ma mort, contrairement à lorsqu’il avait affronté Erenov, et je pense que c’est ce qui m’aida. Mes capacités magiques était alors loin d’égaler celles du Seigneur des Ténèbres, car j’en avais perdu la majeure partie contre les Dieux. Depuis, j’ai reçu l’enseignement d’Erenovil et du Grand Lumineux, et mes pouvoirs dépassent désormais l’imagination, mais à l’époque, je n’étais guère plus puissant que mes principaux Rois.
« Sardon cherchait à me vaincre sans me tuer, donc, car cela lui aurait conféré une emprise encore plus puissante sur mes ouailles, que j’aurais perdues déjà si je n’avais pas dissipé l’illusion qu’il avait placé sur le champ de bataille.
« Cependant, je concevais qu’il aurait pu m’anéantir aussi simplement que le Mage, malgré tous mes pouvoirs. Si je l’avais affronté durant l’Âge du Chaos ou si je le combattais maintenant, l’issue aurait été bien plus rapide, car il ne fait pas le poids face aux pouvoirs dont je disposais ou dispose à ces moments.
« Aussi, ce fut à la maîtrise des armes que nous jouions notre destin. Sardon cherchait à me désarmer, et moi directement à lui ôter la vie. Mais il était un expert bretteur, et nous comprîmes rapidement qu’il faudrait un événement extérieur pour enfin faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Et par chance ce fut du nôtre. »

Je pense qu’il n’est pas nécessaire de retracer tous les événements qui s’ensuivirent, tant ils ont été décrits par les scribes minyadoriens. De mon avis, les meilleures transcriptions sont celles du poète Evarion, dont les copies peuvent être trouvées dans les bibliothèques de la plupart des grandes villes minyadoriennes. Le texte est en quenyarin, ce qui explique pourquoi je ne vais pas mettre de copie ici. De plus, la plupart de ces récits s’étendent sur plusieurs volumes. Je ne vas donc vous mettre ici que quelques extraits des écrits de Ladeslis, un érudit immortalien qui coucha en vers la bataille du Naur Annon. Bien que son récit soit beaucoup moins détaillé que celui d’Evarion, il reste cependant très long et je ne vous mettrai ici que les passages principaux de la chute de Sardon.

[…]

Alors que commençaient nos sens à revenir,
Nous vîmes l’Empereur qui levait Naraglar.
Arestar était là, ne semblant point faiblir,
Mais debout face à lui était le Seigneur Noir.

L’ire était dans les yeux, la fureur dans les armes.
Et Moranket frappait, et Naraglar parait,
Flamme noire affrontant la blanche et claire flamme.
Sous le soleil voilé, les deux rois combattaient.

Quand soudain du nord-est jaillit le son d’un cor,
Qui se répercuta, l’écho roulant sans fin
Sur les sommets de feu des portes d’Annon Naur.
Faisant trembler les orques, les trolls et gobelins.

Et il fut repris par le son d’une rumeur
De milliers de sabots roulant dans le lointain.
En haut d’une colline jaillit une lueur
Vêtu de rouge flamme, le chef des Paladins.

Alors Sardon trembla, sentant venue sa fin.
Il voyait à présent venir sur son flanc nord
Son ennemi honni, maître des Paladins,
Sire le Grand Lumineux amenant les renforts.


Ladeslis ne décrit pas comment le Grand Lumineux, à la tête des Paladins, était parvenu à poursuivre sa charge vers le Naur Annon, aussi en voici l’explication. Plutôt que de traverser le Linlad où l’attendait le gros des forces orientales qui l’eût immobilisé suffisamment longtemps pour que Sardon en finisse avec ses autres adversaires, il préféra remonter le cours de la Rivière Courante, quitte à devoir prendre l’Annon Esgalad, l’Annon Gauroth et l’Annon Dûr d’assaut. Ses espions lui avaient en effet rapporté que Sardon n’avait laissé qu’une garnison très réduite pour protéger ces tours, car il n’imaginait pas que la cavalerie paladine pût oser l’attaquer par là, d’autant plus qu’elle ne disposait d’aucune arme de siège.
Mais le Grand Lumineux était parvenu à neutraliser la garde de l’Annon Esgalad et de l’Annon Gauroth à l’aide de petits commandos camouflés par ses mages, qui avaient éliminé la garnison et ouvert les Portes à la cavalerie lourde. Quant à l’Annon Dûr, la garnison, bien que nombreuse, se trouva prise au dépourvu face à cette attaque portée depuis l’intérieur du Dor Gauroth.
Les Paladins entamèrent alors une difficile chevauchée vers l’ouest le long des contreforts septentrionaux de l’Ered Dûr, tandis qu’ils laissaient une partie de leur infanterie et de leurs mages doués en psychisme et magie de l’illusion garder les ouvrages défensifs afin de ne point éveiller les soupçons. Ce trajet de plus de deux cent kilomètres sur des sentiers couverts de cendres fut particulièrement éprouvant pour l’infanterie, ce qui expliqua pourquoi, bien qu’il sût les armées de l’Alliance en danger, le Grand Lumineux préféra stationner ses troupes à une demi-journée de marche des Portes pendant un jour afin que son infanterie soit apte au combat à son arrivée sur le champ de bataille.

La charge paladine, telle une grande onde,
Tomba sur l’ennemi, et les preux chevaliers
Mirent à bas les ombres et démons d’outre-monde.
Traîtres et renégats, tous furent terrassés.

La victoire était là, dès à présent acquise
Et le Grand Lumineux sur ses rênes se dressa.
Sa cape rouge sang agitée par la brise,
Levant sa blanche épée Sardon il appela.

[…]


Je pense qu’il est inutile de retranscrire ici le récit complet de l’affrontement entre Sardon et le Grand Lumineux, tel que raconté dans le poème. Ce serait trop long, même si le récit en est passionnant pour qui s’intéresse de près à l’histoire minyadorienne, car Ladeslis comme Evarion décrivent avec moult détails chacun des coups portés par les deux protagonistes. Aussi je vais donner un bref résumé ici.
Sardon usa d’un sortilège pour repousser violemment Arastor qui s’effondra comme une poupée de ferraille dans l’une des tranchées. Sardon comme le Grand Lumineux firent signe à leurs hommes de se retirer, que le sort de Minyador se jouerait entre eux, et chacune des deux armées se retira dans ses positions en emportant les blessés afin de les soigner. Mais nombreux furent ceux qui restèrent pour observer l’affrontement entre le Seigneur de la Lumière et le Seigneur des Ténèbres.
Commença alors le plus terrible des combats singuliers qui eut jamais lieu à la surface de Minyador. Tous deux usèrent de pouvoirs encore plus puissants que ceux employés quelques minutes auparavant par Arastor et Erenov. Tout comme précédemment les pouvoirs d’Erenov, ceux du Grand Lumineux ne semblaient guère blesser le Seigneur des Ténèbres, mais cette protection semblait aussi s’appliquer au seigneur de la Lumière, que même les plus noirs pouvoirs de Sardon traversaient sans aucun effet. Etrangement, la cape rouge ne semblait pas plus affectée que son porteur, restant insouillée même lorsque les flammes de Moranket l’atteignaient.
Durant des heures, les deux combattants s’affrontèrent, et il semblait peu à peu que le combat n’aurait pas de fin, aucun des deux ne montrant de signes de fatigue. Lentement, le soleil passa à l’ouest, et les ombres s’allongèrent. Un fort vent d’ouest s’était levé, repoussant les noirs nuages de l’Anlith et de l’Orod Nienor et soulevant la poussière, mais Sardon comme le Grand Lumineux continuaient à se battre.
Le soleil sombra alors dans des nuages chargés de pluie qui s’amoncelaient peu à peu sur l’horizon ouest. Mais alors que les feux s’allumaient peu à peu sur les tours et dans le camp, Sardon sembla faiblir. Ses mouvements se faisaient plus lents, plus hésitants, et lui qui jamais n’avait reculé devant un ennemi commença à céder du terrain. Finalement, il tomba à genoux devant son ennemi.
Alors le Grand Lumineux annonça d’une voix claire :

[…]

« Sardon le Ténébreux, contre tous mes pouvoirs
Il n’était de victoire, déjà tu le savais.
Mais puisque avec honneur tu combattis ce soir
Avec le même honneur fin à ta vie mettrai. »

« Ne garde point rancœur, tu ne pouvais gagner,
Tu as bien combattu, me prouvant ta valeur.
Comme ton existence ici va s’achever,
De te donner mon nom je te fais la faveur. »

« Ainsi sous la lueur de l’Etoile du Nord,
A genoux tu reviens devant Dame Alarak,
Car je suis le Seigneur-Gardien de Minyador :
Tu mourras de la main de Kasherim Nedrakh. »

Sardon allait mourir mais il n’avait pas peur.
Alors s’ouvrit sa main, Moranket retomba,
L’épée tomba à terre aux pieds de son vainqueur,
Et en touchant le sol la lame se brisa.

Puis de sa main de fer le Seigneur Ténébreux
Releva la visière de son heaume damné
Puis aussi le jeta aux pieds du seigneur preux
Alors aux yeux de tous sa face fut révélée.

Et l’on put voir alors se révéler l’horreur :
Ni chair ni peau ni vie, le Ténébreux n’avait
Sur ce crâne de mort ne flottait nulle peur,
Mais au fond des orbites une flamme brûlait.

Kasherim cependant se tenait sans faillir
Car il devait le tuer, tuer pour la liberté,
Pour que sur Minyador enfin puissent finir
Les tourments que Sardon y avait perpétré.

Le Seigneur-Gardien leva haut son épée,
Légende la Fidèle, et à ce moment-là,
Vint la Lumière du Nord, l’Etoile d’Almarië.
La lame comme givre alors étincela.

Conscient de sa défaite, n’ayant lors plus d’espoir,
Enfin vaincu par son ennemi d’autrefois,
Le Seigneur des Ténèbres lui rendit son regard.
Puis il ferma les yeux, et l’épée retomba.


— extraits de La Dernière bataille de Sardon (AR 01), par Ladeslis Arenya (AS 2942-AR67)

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MessageSujet: Re: Histoire   Sam 23 Aoû - 18:51

Les Débuts de l’Age de la Réconciliation


La mort de Sardon plongea ses armées dans le désarroi, et nombreux furent ceux parmi ses servants qui se rendirent. Bien peu furent ceux qui continuèrent le combat, et ils furent balayés. Dans les autres forteresses ténébreuses qui continuaient encore le combat, comme Isradan ou Minas Duath, le résultat fut le même, les garnisons se rendirent à la nouvelle de la chute de leur maître. Cependant il ne fut trouvée aucune trace de Danaan. Sriganion avoua n’avoir pas pu l’empêcher de fuir, bien qu’il eût essayé à plusieurs reprises d’ouvrir les portes de Minas Duath aux forces d’Holona, ayant compris qu’il n’était pas de victoire contre l’Alliance et désirant tout comme Arthus VII ou Meliadus se ranger du côté de l’Alliance et de trahir leur maître, mais Danaan l’en avait empêché.

La paix revint donc sur Minyador. Il restait quelques fiefs ténébreux de ci de là comme le Golto mais ils ne constituaient pas une grande menace, isolés comme ils étaient dans les terres de l’Alliance. Les forteresses ténébreuses étaient aux mains de l’Alliance, et plusieurs d’entre elles furent détruites. L’on remplaça par exemple la sombre tour de Minas Duath par la grande construction d’argent et de cristal de Celeb Barad, et même si plus tard Celeb Barad fut refortifiée par Sire Almaryan, elle n’avait plus cette connotation de menace qu’elle avait du temps de Sardon.

Des événements du début de l’Âge de la Réconciliation, peu sont d’importance dans l’histoire générale. L’on peut cependant rapporter le départ de l’Ordre de la Nouvelle Aube du Beau Pays et son établissement au Fort des Etoiles en Pays de Pierre, ce qui aura une certaine importance par la suite, mais sinon la plupart des événements du début de cet âge concernent surtout la fondation de villes ou de comptoirs commerciaux, ou encore les déclarations d’indépendance de petits pays, ce qui n’est que de peu d’intérêt, à moins que vous ne désiriez en savoir plus sur les aspects commerciaux de Minyador…

Bref, la paix et l’abondance étaient revenues, et l’on espérait que cela durerait indéfiniment. Cependant, les événements donnèrent tort à cette douce espérance, comme vous le verrez…


[ à suivre…]

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MessageSujet: Re: Histoire   Lun 18 Jan - 21:19

Les dirigeants au début de l’AR



De tous les seigneurs ténébreux minyadoriens, seul un petit nombre avait échappé à la purge consécutive à la chute de Sardon. Onze Rois de Métal et dix-sept autres grands dirigeants de pays ténébreux arpentaient encore le monde. Il peut être bon de les lister ici, même si certains eurent en réalité une importance très marginale dans les conflits qui s’ensuivirent, et d’autres personnages au contraire firent leur apparition sur le devant de la scène alors que leur importance dans les événements antérieurs avait été plus faible (Danaan par exemple était général durant le grand assaut de 2910 et avait dirigé le Dor Gauroth durant la captivité de Sardon en Atlantaë, mais les ordres venaient toujours principalement de son seigneur).

Les Rois de Métal survivants étaient les suivants :
Srigownem de Jantanos, le Seigneur-mage Kadrian d’Argrâal et Kaltongis d’Ardakan, qui s’étaient ralliés à la Grande Alliance avant la chute de Sardon – Srigownem étant même devenu le bras droit de Kasherim Nedrakh sous le nom d’Othar,
Krashkel le Grand Requin, Galroan de Mériéta et Airzégowin de Croatie, qui dirigeaient des royaumes de petite taille, d’une puissance insuffisante pour représenter une quelconque menace à court ou moyen terme,
Kadarian d’Elgonur, qui dirigeait les druides hernists, et dont la forteresse n’avait pu être complètement prise malgré de nombreuses tentatives,
Le Seigneur Meliadus de Londonne, qui était entré dans une sanglante guerre civile pour le trône de Granbretanne avec le Roi-Empereur Huon (ce dernier n’étant pas un Prince de Métal mais un humain dont l’espérance de vie et les pouvoirs avaient été grandement augmentés par des technologies issues des restes de la civilisation perdue d’Itlanel) avant la guerre de la Grande Alliance, avait repris ses attaques contre son seigneur,
Hawlroc’h, seigneur des Loups-Garous, qui avait fui dans la taïga avec les rares survivants de son armée, et ne constituait plus une menace, tout comme Vortigern, seigneur d’Ildin, qui s’était réfugié dans les forêts de son pays.
Nargavel le Sous-Tyran, qui s’était réfugié avec son seigneur en Golto, pays ténébreux situé dans les Terres de l’Ouest mais n’ayant pas pris part à la guerre de la Grande Alliance, et ayant manifesté le souhait d’établir des contacts pacifiques – encore que teintés de méfiance – avec ses voisins elfiques et humains d’Immortalitas et de Faleseyan.

Outre Huon et le Tyran, voici les quinze autres dirigeants ténébreux ayant échappé à la purge :
Akou le Traître du Désert. Bien que cet humain soit le descendant en ligne droite des chefs guerriers du désert ayant ensanglanté les sables de l’erg durant les Batailles Garamantiques non loin de Mondrad, l’une des dernières places-fortes de l’Alliance fondées loin au sud-ouest de Varilane, il parvint à fuir dans le désert avec ses guerriers, mais ne fit pas ou peu parler de lui durant les décennies qui suivirent la chute de Sardon, à part quelques caravanes et oasis pillées.
Moïsanné. Cette larve de Schlang – une grosse créature assez voisine d’un hutt en apparence, mais munie de dents qui feraient pâlir d’envie un requin, largement plus dangereuse et agressive, et dont la forme adulte, qu’elle atteint au bout d’un millénaire environ après des années dans un cocon, terrorise même les dragons, fort heureusement particulièrement rare, l’histoire n’en ayant compté que quatre depuis la fin de l’Âge des Paladins – parvint à échapper aux recherches en se réfugiant dans les égouts labyrinthiques de sa capitale.
Inglorver le Seigneur-Dragon, qui avait fui dans le Nord. Après la chute de Sardon, un certain nombre de dragons, notamment des Drakes de Kaelnoz (ou drakes de glace), entamèrent des pourparlers avec les populations du Nord, et des relations commerciales s’établirent peu à peu, notamment grâce à l’aide des trois Rois de Métal s’étant rangés du côté de la Lumière.
Graoltas le Seigneur des Dragons. Contrairement aux dragons d’Isseane, les dragons de Lirwan étaient beaucoup moins impliqués dans les batailles sardoniennes que leurs cousins, et restèrent à part même durant les terribles événements qui ensanglantèrent Minyador à partir de l’an 40 AR.
Imarganion et Zarathostar. Ce Chevalier de Métal et cet Antereis de feu ont hérité chacun de l’une des Îles du Mal Incarné au sud d’Ëaroas après la mort des anciens dirigeants, et depuis se livrent une guerre civile sans merci, à l’image de Meliadus et Huon non loin de là.
Leïzera la Princesse du Froid. Cette esyfie de glace dirige un petit royaume au nord-est d’Isseane, mais bien qu’elle ait été une alliée de Sardon, elle n’a jamais porté la guerre au-delà de ses frontières et par conséquent n’a pas été jugée menaçante.
Graendol. Le seigneur des ogres d’Ogrem, à l’est de Varilane, n’était guère menaçant excepté peut-être pour ses voisins directs. Les Ogres minyadoriens, malgré leurs habitudes culinaires peu agréables, sont en effet un peuple globalement pacifique et évolué, à la riche culture tribale, et qui a davantage souffert des tentatives d’expansion de ses voisins – alliés de la Lumière, d’où le fait qu’ils se soient fréquemment alliés aux forces sardoniennes – que l’inverse.
Ángris-Khân, chef des clans de Rhûnador, fait prisonnier durant la bataille de Dagorelda.
Lergwon le Mauvais – ou l’Opportuniste, comme on préfère souvent l’appeler – seigneur de la Cité des Corsaires, était resté sur son trône après la trahison qu’il avait fomentée contre Sardon et qui l’avait placé dans le camp des vainqueurs.
Enfin Sriganion the King of Blood, Chevalier de Métal, Loup Enragé, Antereis de lumière, et Swalix le Cénérien, hernist, dirigeaient le Golto ou y avaient trouvé refuge avant l’arrivée du Tyran et de Nargavel, et y restèrent à l’arrivée de ces derniers. Ils y furent rejoints par Morcharek le Seigneur Sombre, Chevalier de Métal lieutenant du Tyran en Advaris, et Kaergel l’Intendant, demi-troll et intendant de Departus.

L’on pourra également citer Danaan, qui comme Imarganion et Sriganion n’est pas un Roi de Métal mais un Chevalier de Métal dans la hiérarchie de l’Empire de Métal, bien que ces trois Princes de Métal aient une puissance équivalente à celle des plus grands Rois de Métal. La Main de Sardon était demeurée introuvable après la bataille de Dagorelda. On apprendra plus tard à l’aide des recherches de Demaltir, retrouvées après les Guerres Chaotiques, que ce dernier avait été très actif, maintenant des réseaux de communication entre les anciens fiefs et alliés de Sardon, depuis le Ruel jusqu’au Golto, en passant par le Videoghaime et bien évidemment le Mobgor et le Dor Gauroth.
Gandubal, la cité orque inexpugnable, était dirigée par Skorgûsh le Redoutable, et sous les sables du Désert Noir Selmisser le Prince Serpent préparait toujours ses noirs poisons, mais ni l’un ni l’autre ne purent être traqués et éliminés.
Même si l’on ne peut pas vraiment le considérer comme un Seigneur ténébreux étant donné qu’il s’est toujours opposé à Sardon, Arastor l’Empereur de Métal peut aussi être mentionné (ses atrocités durant l’Âge du Chaos ne pourront être pardonnées par bien des habitants de Minyador) pour terminer cet aperçu des dirigeants « maléfiques » du début de l’Âge de la Réconciliation.

Cela peut paraître un grand nombre de seigneurs maléfiques encore en activité, mais en réalité moins de la moitié d’entre eux avaient un rôle notable dans la géopolitique minyadorienne d’avant-guerre, et un nombre très supérieur de seigneurs ténébreux avait été abattu durant la guerre, notamment dans les Terres de l’Est et du Sud. Ainsi avaient péri l’Archidruide Cadak de Ruel, qui avait libéré une terrible épidémie de peste noire, le démon Charatchak du Royaume Bleu, le Grand Loup, dont Hawlroc’h n’était qu’un lieutenant, Tar Naurothar de Mobgor, Sire Godrak et Sire Albaran des Îles du Mal Incarné, dont la mort initia la guerre civile qui y sévit toujours, Lord Fornor d’Almaranor, qui avait fait appel aux Fhoï Myore et que seule la venue d’un grand héros issu d’un autre monde avait pu repousser, Monseigneur Alogar de Videoghaime, et bien d’autres. L’on estime ainsi la population de Rois de Métal avant la guerre de la Grande Alliance à plus d’une centaine, et celle de démons et autres seigneurs ténébreux à plus du double.

Après cet aperçu des divers dirigeants ténébreux pour la plupart en exil, un compte-rendu de la situation ne serait pas complet sans une description des principaux dirigeants de la Grande Alliance.

Outre Srigownem de Jantanos et Arastor dont il a été question dans la section précédente, les principaux dirigeants minyadoriens après la chute de Sardon étaient donc les suivants :
Kasherim Nedrakh, Seigneur-Gardien des Paladins et Ivan Korvanov, seigneur de Karkaver (les Paladins ont un gouvernement indépendant de celui du Paladinat)
Imperator, le Chevalier-Baron, dirigeant de l’Ordre de la Nouvelle Aube, un ordre de chevaliers qui avait été fondé à la chute de l’Ordre des Paladins dans le but de le remplacer en tant que fer de lance des armées de la Lumière, et ayant été déterminant dans nombre de batailles dès lors, secondé par Comodor le Chevalier Compellor, et le Mage Bleu,
Loup Solitaire, dirigeant de l’Immortalitas et chef de la Grande Alliance, secondé par Pip, seigneur de Godorno,
L’Empereur Harek, dirigeant de Xewign, appuyé par les Grands Amiraux Isthar et Aragis,
Tarostar le Roi des Nains, dirigeant d’Esmirial, Tarmír II, Roi Elfe d’Orndor et Linwen, Reine Elfique de Fornim,
Démaltir le Théocrate, seigneur du Dorlost et chef du réseau d’espionnage de la Grande Alliance,
Marlos le Seigneur des Nefs, qui commande la flotte d’Havéna,

L’on peut également nommer quelques dirigeants et personnages jusqu’alors neutres, qui vont peu à peu revêtir un rôle de premier plan au cours des événements de l’Âge de la Réconciliation :
Avustus, l’Empereur de l’Ouest. Ce seigneur elfique noir (rappelons-le, les Elfes Noirs ne sont pas spécialement plus maléfiques que les humains sur Minyador, ils ont été appelés ainsi en référence à leur couleur de cheveux et de peau souvent plus sombre que celle des Elfes Blancs et des Elfes Sylvains, pour leurs pratiques religieuses ancestrales de sacrifices – depuis bien longtemps abandonnées – et leur usage de magie dite noire, comme la nécromancie, mais qu’ils usent généralement de manière rituelle, par exemple pour communiquer avec leurs ancêtres ou protéger leurs tombeaux, mais très rarement de manière offensive ou expérimentale) dirige le Feldonodrenar, un puissant empire situé au nord du continent d’Aïnys, pays le plus peuplé de Minyador,
L’Intendant Marc-Arthus, l’un des généraux d’Avustus, et probablement le meilleur stratège minyadorien de l’époque, même si plusieurs autres personnages comme le Tyran, Danaan, Démaltir ou encore Loup Solitaire pourraient également concourir pour le titre,
Arthus VII le Roi-Sorcier, dirigeant elfique noir du Gwaith-i-Nargûl, sur Ëaroas. Jusqu’alors satellite de Granbretanne, des Îles du mal Incarné et de Zagoris, ce pays va peu à peu s’émanciper et devenir un puissant allié de l’Aremevrim et par extension de l’Alliance,
Enfin le Roi Mage Otharion, dirigeant du Salivrat. Jusqu’à la fin de l’Âge Sombre, le Salivrat n’était qu’une colonie du Paladinat au nord de Varilane, idéalement placée pour frapper Sardon par le sud-ouest. La paix revenue, cette géolocalisation s’avéra idéale pour les échanges commerciaux mondiaux entre Godorno, Havéna, Karkaver, Aremever et l’Occident, et le Salivrat acquit ainsi son indépendance. Ultérieurement, le Salivrat fonda à son tour de nombreux comptoirs sur les bords de la Belegaer et après les Guerres Chaotiques devint un nœud majeur pour les échanges vers les terres des Elfes Noirs d’Occident.


Les origines des Guerres Chaotiques


Même si l’origine profonde des événements menant à la situation actuelle est plus ancienne – l’action des Methralkyn de la Guerre de la Ruine et l’attaque d’Avustus n’ayant certainement pas pu être planifiée en aussi peu de temps – on admet généralement que le début des Guerres Chaotiques (et par extension des Batailles Orques et de la Guerre de la Ruine) date de la fin de l’année 39 AR, plus précisément le 29 novembre de cette année.

[A suivre...]

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